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Meurtre de Romy et Norah: tout s'est joué en 12 heures

Avant de s’enlever la vie, Martin Carpentier a commis le double meurtre de ses filles Norah et Romy, c’est du moins ce que l’enquête de la Sûreté du Québec démontre.

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En point de presse mercredi, l’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec, Guy Lapointe, a d’abord confirmé que le corps retrouvé lundi soir était celui de Martin Carpentier.

Tout en dressant une chronologie des moments importants du drame, M. Lapointe a ajouté que le tout se serait déroulé assez rapidement.

«Ce que l’enquête démontre, avec les résultats d’autopsie, c’est qu’au lever du jour le 9 juillet, l’irréparable était déjà commis», a affirmé Guy Lapointe.

Les éléments de preuve permettent aux enquêteurs de dire que les fillettes, âgées de 6 et 11 ans, étaient toujours en vie au moment où Martin Carpentier s’est introduit dans une roulotte, a par ailleurs dit M. Lapointe.

«Bien que les fillettes aient été blessées dans l’embardée, c’est à ce moment-là que le suspect va les tuer à l’aide d’un objet contondant», a précisé le policier.

L'embardée n'était «pas intentionnelle»          

Sans avancer d’hypothèses ou de spéculations, M. Lapointe a indiqué que le mystérieux accident survenu le 8 juillet sur l’autoroute 20 à la hauteur du kilomètre 288 n’était pas un geste délibéré. 

L’analyse de la scène suggère que le suspect a tenté de maîtriser son véhicule pour éviter l’accident, mais sans succès, a confirmé M. Lapointe.

«Pour nous, jusqu’à ce moment-là dans le temps, il n’y a rien qui était prémédité ou qui était délibéré. Par contre, cette embardée-là c’est vraiment un point de bascule parce que c’est à partir de ce moment-là que le comportement, qu’on peut tous, je pense, qualifier de hors-norme, va entrer en jeu», a expliqué l’inspecteur-chef.

Selon le porte-parole de la Sûreté du Québec, le comportement du père de famille était «normal avant l’embardée».

L’inspecteur-chef n’a pas voulu commenter davantage sur l’état d’esprit de Martin Carpentier. 

«Ça ne m’appartient pas aujourd’hui d’essayer de spéculer quant à ça. La réalité c’est que le principal intéressé est décédé, donc il y a des choses qu’on ne saura jamais réellement», a-t-il dit.

L’identification formelle du corps de Martin Carpentier met ainsi fin à l’enquête criminelle de la SQ.

«De notre côté à nous, ça met fin à l’enquête criminelle parce que l’enquête démontre clairement qu’il n’y a pas d’interventions d’un tiers», a dit M. Lapointe.

L'enquête a été confiée au bureau du coroner.

La SQ s'explique pour l'alerte Amber          

L’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec Guy Lapointe a dû répondre à de nombreuses questions relativement au déclenchement de l’alerte Amber, que certains ont jugé tardive.

Dans les faits, l’alerte a été déclenchée le 9 juillet, 18 heures après l’embardée sur l’autoroute 20.

M. Lapointe a expliqué que de prime abord, rien ne laissait présager que les enfants étaient en danger. La thèse de l’accident était, à ce moment-là, la plus probable.

«La prémisse à ce moment-là n’était pas que le père était une menace pour les fillettes. Donc ce qu’on avait, c’était une sortie de route avec pas de signe de blessures graves à bord du véhicule autre que l’état du véhicule», explique Guy Lapointe.

«La présomption c’était que quelqu’un les avait ramassé, qu’ils avaient pris un taxi, qu’ils étaient rendus ailleurs, qu’ils étaient peut-être en sécurité quelque part. Et [non] pas que le père s’en prendrait aux fillettes», a-t-il ajouté.

«De déclencher une alerte Amber sans penser que le père était une menace pour les fillettes, ça n’aurait pas tenu sens, ça n’aurait pas été la chose à faire», conclut-il.

Néanmoins, M. Lapointe a insisté sur le fait que des démarches ont été entreprises le soir de l’accident pour essayer de retrouver les fillettes et leur père.

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