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Il fait très chaud derrière les fourneaux des boulangers

Maude Ouellet | Journal de Montréal

Cette sixième vague de chaleur n’empêche pas Louis-Félix Tobin de la Boulangerie Jarry de travailler sur le bord des fourneaux.

Photo Agence QMI, Joêl Lemay

Cette sixième vague de chaleur n’empêche pas Louis-Félix Tobin de la Boulangerie Jarry de travailler sur le bord des fourneaux.

Les travailleurs du Québec ont tout un défi à relever : affronter la sixième vague de chaleur de l’été tout en portant masques et visières.

« C’est pas évident ! La température devant le four peut monter jusqu’à 42, 45 et même 50 degrés ! » lance Ricardo Resendes, copropriétaire de la Pâtisserie-boulangerie Concorde, à Laval.

Samedi, il faisait plus de 30 °C à Montréal avec un humidex à 34.

Le Québec est actuellement frappé par la sixième vague de chaleur depuis le début de l’année, selon Amélie Bertrand, météorologiste pour Environnement Canada, alors que normalement, il n’y en a que trois par an.

 « On parle d’avertissement de chaleur accablante avec des facteurs humidex près de 40 dimanche et lundi, détaille la scientifique. Ce sera collant et humide. »

M. Resendes déplore quant à lui que les températures très chaudes soient de plus en plus courantes.

« Ça fait deux, trois ans qu’on a beaucoup de vagues de chaleur, mais cette année ça semble encore plus intense. Ça s’éternise un peu comme situation », constate-t-il.

Chaleur et masque

En plus des fréquentes canicules, les boulangers ont un défi de plus cette année : le port du masque et de la visière.

« C’est sûr que la chaleur est pire avec les masques, mais on n’a pas vraiment le choix. Quand on aime ce qu’on fait, ça rend évidemment les choses moins pénibles », affirme pour sa part Sarah Soussi, gérante de la Boulangerie Jarry à Montréal.

Afin de lutter contre les vagues de chaleur plus nombreuses, la boulangerie Le pain dans les voiles a préféré investir.

« Puisqu’on sentait que les canicules, c’est en train de devenir la nouvelle norme, on a installé un deuxième air conditionné l’an passé », affirme Philippe Brosseau qui est gérant du commerce. 

Selon une hygiéniste du travail certifiée de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) la chaleur rend le port du masque plus inconfortable, mais il n’augmente pas les risques de coup de chaleur.

« Le masque ne fera pas augmenter la température corporelle. La chaleur reste localisée autour du visage, à l’intérieur du masque », note Capucine Ouellet.

Conseils 

Pour diminuer l’inconfort engendré par le port du couvre-visage, l’IRSST offre quelques solutions  

-Choisir un masque conçu avec un matériau qui ne gêne pas la respiration et qui ne diminue pas l’efficacité de filtration ; 

-Choisir un masque bien ajusté à la forme et à la taille du visage ; 

-Respirer le plus possible par le nez, ce qui génère moins d’humidité dans le masque ; 

-Réserver le port du masque aux moments où la distanciation physique ne peut pas être respectée ; 

-Changer le masque lorsqu’il devient humide à cause de la respiration ou de la sueur.