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L’ex-propriétaire du Super Aqua Club en liberté conditionnelle

Clara Loiseau | Journal de Montréal

Réjean Julien Proulx, ex-propriétaire du Super Aqua Club de Pointe-Calumet, a été condamné à quatre ans de prison en février 2019 pour avoir commis des agressions sexuelles sur plusieurs mineurs. On vient de lui accorder une libération conditionnelle.

Photo tirée de Facebook

Réjean Julien Proulx, ex-propriétaire du Super Aqua Club de Pointe-Calumet, a été condamné à quatre ans de prison en février 2019 pour avoir commis des agressions sexuelles sur plusieurs mineurs. On vient de lui accorder une libération conditionnelle.

L’ancien propriétaire du Super Aqua Club de Pointe-Calumet, reconnu coupable d’agressions sexuelles sur des mineurs, pourra reprendre sa liberté, malgré l’avis contraire de son agent de libération conditionnelle.

Réjean Julien Proulx a été condamné à quatre ans de prison en février 2019.

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Son cheminement est pourtant à un stade « embryonnaire », selon son équipe de gestion de cas (ÉGC), qui souligne un manque de progrès suffisant pour amoindrir son risque de récidive, évalué à « modéré ».

L’homme de 59 ans entretiendrait aussi une relation avec un codétenu « plutôt jeune et vulnérable », ce qui a « semé un doute » sur sa volonté de changer.

Pour l’ÉGC, cette relation s’apparente à celle que Proulx entretenait avec ses victimes entre 1993 et 2000, ainsi qu’en 2017.

Il profitait notamment de sa position d’autorité pour acheter le silence de ses victimes d’âge mineur en leur offrant de l’argent, des voyages et des cadeaux.

« Votre ÉGC en vient à la conclusion que le risque [de récidive] ne peut être adéquatement géré dans la communauté et, par conséquent, recommande à la Commission de vous refuser la semi-liberté et la libération conditionnelle totale à ce stade-ci de votre peine », peut-on lire dans la décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), dont Le Journal a obtenu copie.

Mise en garde ignorée

Malgré tout, en dépit de cette mise en garde, la CLCC a autorisé la semaine dernière une semi-liberté d’une durée de six mois à celui qui a reconnu avoir agressé sexuellement cinq adolescents.

Il pourra donc quitter le pénitencier pour séjourner dans une maison de transition.

Proulx a aussi avoué aux policiers être l’auteur d’agressions sexuelles à l’endroit d’une douzaine d’autres garçons mineurs âgés d’environ 15 ans, entre 1990 et 1995.

Aucune suite n’a toutefois été donnée à ces aveux, souligne-t-on dans la décision.

De l’avis des commissaires Jacques Lapommeray et Micheline Beaubien, Proulx montre quand même des changements « mesurables et qualifiables ».

Il ne présente « pas un risque inacceptable pour la société », selon eux.

Il nie son attirance

Pourtant, un rapport d’évaluation spécialisée en délinquance sexuelle réalisé en 2019 note que Proulx ne se reconnaît « aucune problématique de déviance sexuelle » et nie toute attirance envers des mineurs.

Afin de limiter les risques, la Commission lui a imposé des conditions à respecter « pour protéger la société » et « favoriser [sa] réinsertion sociale ».

En plus d’avoir l’interdiction de contacter les victimes et leur famille, Proulx ne doit avoir aucun contact avec des mineurs de moins de 16 ans ni se retrouver à proximité de lieux où ils peuvent se rassembler.

Il doit également aviser son surveillant de libération conditionnelle de toutes « relations sexuelles, non sexuelles, amicales étroites avec des parents de mineurs de moins de 16 ans ».

– Avec la collaboration de Claudia Berthiaume