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Drogue du viol : briser le silence pour sensibiliser les gens

Cassandre Forcier-Martin

Ne pas hésiter à dénoncer rapidement: c'est le cri du cœur qu'une victime de la drogue du viol a tenu à lancer à Trois-Rivières.

Nattaly Gaston brise le silence pour sensibiliser les gens à ne pas baisser la garde, et ce, peu importe l'âge et l'endroit. Son quotidien a basculé dans la nuit du 14 au 15 septembre 2019.

Elle venait d'emménager dans son nouvel appartement. Un voisin de l'immeuble s'est présenté, s'est invité chez elle et ils entament une discussion. En quelques heures, la rencontre sympathique est devenue son pire cauchemar.

«Tout d'un coup c'est devenu flou et complètement noir, a témoigné Nattaly Gaston. Je me suis réveillé le lendemain matin et il était sur moi. Je l'ai obligé à partir, il m’a menacé et j'ai finalement été capable de le mettre à la porte. Puis un autre ''black out''! Plusieurs heures plus tard, j'avais perdu la notion du temps. J'étais désorientée et j'avais mal. J'ai été agressée sexuellement chez moi.»

Les marques physiques sont là, comme un fer rouge sur sa peau. Le 17 septembre elle se rend à l'hôpital de Trois-Rivières. Rapidement elle est prise en charge. Elle reçoit du soutien d'une intervenante et passe une série de tests pour la trousse médico-légale. Par contre, elle se sent irresponsable que ça lui soit arrivé chez elle, alors qu'elle est âgée de 53 ans.

«Encore aujourd'hui je suis dans mon lit et j'entends la sonnette de ma porte et j'ai peur. Je ne veux pas la débrancher, puisque je travaille là-dessus. J'ai des suivis psychologiques régulièrement. J'ai été pris en charge. J'ai déménagé, mais encore aujourd'hui je réponds que je vais bien, mais c'est un masque. Les dommages sont encore là.»

Nattaly Gaston est d’avis qu’il «faut que les gens parlent dès qu'ils ont un doute d'avoir eu quelque chose dans leur verre. Il faut aller rapidement à l'hôpital».

Le GHB n'est plus détectable dans le sang après 8 heures et après 12 heures dans l'urine. Les autorités de la santé et policière rappellent qu'il est important de consulter rapidement pour avoir du soutien, mais aussi pour la trousse médico-légale qui doit être faite cinq jours suivants l'agression. Cette trousse permet des prélèvements et devient une preuve scientifique objective.