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Montréal et Québec, des paradis pour les technos

Martin Jolicoeur | Journal de Montréal

La montée en puissance de Québec serait attribuable à la vitalité d’entreprises comme Optel. Ici, son grand patron, Louis Roy.

Photo d'Archives

La montée en puissance de Québec serait attribuable à la vitalité d’entreprises comme Optel. Ici, son grand patron, Louis Roy.

Les villes et travailleurs informatiques de Montréal et de Québec font figure d’aubaines en Amérique du Nord pour les entreprises des secteurs technologiques.

C’est du moins ce que confirme une nouvelle étude de CBRE, intitulée Scoring Tech Talent, qui compare les 75 régions du continent présentant les meilleures perspectives d’attraction et de développement des travailleurs technos.

Les auteurs révèlent que les deux villes québécoises se démarquent en particulier par leurs faibles coûts d’exploitation. Les coûts de main-d’œuvre et de location d’espaces de bureaux, en outre, défieraient toute concurrence pour les entreprises.

Montréal, la moins chère 

Sacrée la plus abordable des cinquante grandes villes technos du continent, Montréal présentait en 2019 un salaire moyen de 80 579 $ pour les technotravailleurs. À titre de comparaison, il s’établissait la même année à 91 104 $ à Ottawa et à 136 000 $ US à San Francisco.

Les faibles salaires de Montréal, lorsque comparés à ceux des autres villes concurrentes, permettent à une entreprise de 500 travailleurs et occupant un espace de 75 000 pi2 d’anticiper des coûts d’exploitation de 40,1 millions $ (30 M$ US). C’est moins de la moitié de ce qu’il en coûterait (62 M$ US) pour une même entreprise établie à San Francisco.

Québec en forte croissance  

Le rapport de CBRE dresse aussi la liste des « 25 prochains marchés prometteurs » d’Amérique du Nord. 

Du nombre, la ville de Québec se classe au sixième rang avec un bassin de 35 800 technotravailleurs, en hausse de 27 % en cinq ans. Il s’agit de la hausse la plus importante des « marchés prometteurs » identifiés. Stéphane Hudon, un courtier de CBRE à Québec, associe cette croissance fulgurante à la vitalité d’entreprises comme Optel, Beenox, Frima et Larian ces derniers temps. 

Encore là, les faibles coûts d’exploitation y seraient pour quelque chose : le salaire moyen d’un technotravailleur à Québec était de 76 490 $ l’an dernier, une hausse de 19 % depuis 2014.

Bon pour la réputation ? 

Ce n’est pas la première fois que la province se démarque de la concurrence par les faibles coûts d’exploitation des entreprises qui s’y implantent. 

L’avantage du Québec paraît d’autant important que l’étude de CBRE ne tient compte d’aucune aide gouvernementale (crédits d’impôt, subventions, prêts) dans ses calculs.

Avi Krispine.
DG de CBRE
au Québec

Photo courtoisie

Avi Krispine. DG de CBRE au Québec

Doit-on pour autant s’en réjouir ? Sur cette réputation du faible coût, le directeur général de CBRE au Québec s’avoue mitigé. « Certes, que le Québec permette des frais d’exploitation qui soient raisonnables est un avantage », répond Avi Krispine. 

Par contre, à son avis, cet avantage s’accompagne d’un risque : celui de la perception qu’en raison d’une réputation de faibles coûts, les entreprises et leur main-d’œuvre ne soient pas vraiment de calibre. 

Le cas échéant, craint-il, un travail de repositionnement de marque pourrait s’avérer nécessaire.

Le salaire moyen d’un technotravailleur en 2019, selon la ville   

San Francisco : 136 060 $ US 

Seattle : 119 170 $ US 

Washington : 113 771 $ US 

New York : 110 591 $ US 

Ottawa : 68 764 $ US (91 104 $ CA) 

Toronto : 64 065 $ US (84 989 $ CA) 

Montréal : 60 741 $ US (80 579 $ CA) 

Québec : 55 645 $ US (76 490 $ CA) 

Source : CBRE