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«C’est un geste d’amour que je fais pour Julien»

TVA Nouvelles

Cinq jours après la parution de son témoignage dénonçant son ancien amoureux Julien Lacroix, Geneviève Morin admet aujourd’hui prendre pleinement conscience de sa propre histoire.

Voyez le témoignage de Geneviève Morin dans son intégralité dans la vidéo ci-dessus.

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C’est une jeune femme toujours sur le coup de la tristesse qui a accepté de se confier à TVA Nouvelles, vendredi, près d’une semaine après son témoignage paru dans Le Devoir dans lequel elle raconte les abus qu’elle a vécus alors qu’elle partageait la vie de l’humoriste Julien Lacroix.

Si une vague d’amour et de soutien a déferlé sur elle, Geneviève Morin convient que tous les messages n’étaient pas nécessairement positifs.

«J’ai reçu des messages très laids de gens qui pensent que c’est par vengeance. Mais ce que je fais à Julien – et c’est ce qui me fait sentir bien et qui fait que je peux dormir le soir – j’espère que je l’aide. Je ne veux pas le voir en prison. Julien a un problème d’alcool et il traîne en lui beaucoup de tristesse. Je veux qu’il se fasse aider», soutient-elle.

«C’est un geste d’amour que je fais, à mon sens, pour Julien», enchaîne celle qui a été la copine de l’humoriste durant sept années. Elle encourage d'ailleurs les gens à considérer son histoire avec plus de «nuances».

Joël Lemay / Agence QMI

Cette longue relation a nécessairement rendu encore plus difficile la dénonciation. Les deux semaines avant la parution de l’article, durant lesquelles elle a dû garder le secret, ont d’ailleurs été plus difficiles à porter que les cinq derniers jours.

«J’ai pleuré, dimanche, avant que l’article sorte, dans les bras de mon père et de ma mère en leur disant combien je me sentais comme si je trahissais mon meilleur ami et que c’était compliqué pour moi de faire ça», se souvient-elle.

«J’espère qu’il ne m’en veut pas d’avoir fait ça parce que moi, je veux ne plus lui en vouloir aussi», mentionne la jeune femme.

Le nombre de témoignages recueillis par l’enquête journalistique a aussi renforcé son sentiment de faire la bonne chose.

«Quand j’ai su qu’il y avait neuf autres témoignages, je suis tombée en bas de ma chaise», affirme-t-elle.

Porter plainte    

Comme c’est le cas avec la plupart des dénonciations faites publiquement, plusieurs individus remettent en question le témoignage en argumentant que la victime n’avait qu’à porter plainte à la police. Or, ce n’est pas si facile, indique Geneviève Morin.

«Ce n’est pas comme déclarer que sa voiture a été volée. [...] C’est ma parole contre la sienne et ça, c’est extrêmement lourd à porter», note-t-elle.

En considérant le dépôt de la plainte, les délais du système, les ressources humaines et financières nécessaires pour aller au bout d’une poursuite criminelle, les remises en question de son témoignage et le coût émotionnel d’une pareille entreprise, Geneviève Morin comprend pourquoi plusieurs victimes d’agressions sexuelles préfèrent éviter la voie des tribunaux et se tourner vers les médias sociaux ou les médias traditionnels.

«C’est tellement un fardeau à porter sur ses épaules que, bien évidemment, ce n’est pas aussi simple d’aller dénoncer un agresseur sexuel, qui plus est, un ex qu’on a eu bien creux dans son cœur pendant sept ans de sa vie», ajoute-t-elle.

Elle enjoint les femmes qui sont prisonnières d’une relation d’abus ou simplement toxique à s’écouter et à en sortir avant que les choses n’empirent.

«Si vous sentez que ça ne va pas bien, écoutez-vous. Ça l’air simple, mais écoutez-vous et prenez des actions parce que personne ne va le faire pour vous, dit-elle. [...] Des fois, il faut l’écouter la petite voix qui te dit “tu devrais peut-être t’en aller”».

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