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Entretien donné au privé: les cols bleus de Montréal en furie

Agence QMI

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Les cols bleus sont en colère contre la Ville de Montréal, accusée de privatiser l’entretien sanitaire de ses établissements pour la pandémie.

Le Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal croit que l’administration Plante renie sa promesse en faisant appel à des entreprises privées pour l’entretien sanitaire de l’hôtel de ville et du quartier général du Service de sécurité incendie, entre autres.

«Une autre promesse reniée par Mme Plante aurait des conséquences fâcheuses sur les relations harmonieuses que nous avons tenté de nouer avec la Ville de Montréal depuis plusieurs années», a dit par communiqué Hans Marotte, conseiller syndical du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui comprend le Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal

En mai dernier, l’administration Plante avait expliqué que le recours au privé était nécessaire comme il n’y avait pas assez d’employés municipaux pour assurer l’application des nouvelles normes sanitaires mises en place à cause de la COVID-19.

Elle s’était toutefois engagée à privilégier les cols bleus, mais leur syndicat considère que la Ville n’a pas respecté sa parole.

«La décision [d’avoir recours au privé] est donc prise sans processus rigoureux, sans évaluation véritable, sans comparatif des coûts, apparemment pour des raisons idéologiques, et annoncée au plus creux de l'été», a soutenu M. Marotte vendredi.

Le SCFP pense que d’engager de cols bleus serait possiblement plus rentable à la fin pour la Ville.

«Nous sommes convaincus que la Ville est capable de faire son entretien sanitaire elle-même, à coût égal ou moindre qu'avec la sous-traitance. Nous pouvons, comme syndicat, rendre cela possible», a ajouté le conseiller syndical de la SCFP.

Le modèle le plus avantageux?

La Ville de Montréal a tenu à défendre son choix de recourir au privé.

Dans un courriel envoyé à l’Agence QMI, on explique que le taux d’absentéisme chez les cols bleus est très important par les temps qui courent, alors que la tâche à accomplir est colossale à cause des nouvelles mesures sanitaires.

La Ville s’était donc bel et bien engagée auprès du syndicat à privilégier les travailleurs prêtés par les arrondissements pour assurer les travaux d’entretien.

Or, avec la reprise, les arrondissements réquisitionnent de plus en plus les employés qu’ils avaient prêtés en mai.

«La Ville procèdera graduellement à l’utilisation d’une firme externe pour combler les différents besoins d’entretien ménager de la Ville, et ce, au fur et à mesure que les employés prêtés par les arrondissements retourneront à leurs activités normales», peut-on lire dans le courriel envoyé par la Ville de Montréal.

Contrairement au syndicat, l’administration municipale est convaincue qu’il s’agit du modèle financier le plus avantageux. On assure qu’il n’entraînera aucune suppression d’emplois chez les cols bleus.

À un certain moment durant la pandémie, 42% des cols bleus affectés à l’entretien étaient absents du travail, a tenu à faire savoir la Ville.