/finance/homepage

Port de Montréal: le fédéral appelé à intervenir au plus vite

Martin Jolicoeur | Journal de Montréal

Joël Lemay / Agence QMI

Ébranlé après les altercations de mercredi, le grand patron des débardeurs du Port de Montréal, en grève depuis le début de la semaine, réclame l’intervention rapide d’Ottawa. 

• À lire aussi: Des cadres et des agents de sécurité battus au Port de Montréal

En entrevue avec Le Journal, le président de l’Association des employeurs maritimes (AEM), Martin Tessier, a confié hier avoir demandé une rencontre avec la ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, dans l’espoir qu’une intervention puisse mener à la reprise rapide des négociations.

Mercredi soir, une vingtaine de cadres de Termont Montréal et des gardiens, chargés de leur sécurité, auraient été physiquement pris à partie par un groupe de débardeurs, qu’ils accusent de les avoir frappés et dépouillés de leurs portefeuilles et téléphones.

Perte de contrôle

Tandis que le SPVM a ouvert une enquête pour vol et voies de fait, Martin Tessier dit s’inquiéter des gestes d’intimidation et craindre qu’ils mènent à un enlisement des négociations. « Honnêtement, jusqu’à hier soir, je pensais que la situation était sous contrôle. Mais depuis, j’en suis moins certain. » Après quatre jours de grève, les 1125 débardeurs doivent en principe reprendre le travail ce matin. Un autre groupe plus petit de débardeurs (les vérificateurs) doit prendre la relève ce matin dans le cadre d’un débrayage prévu jusqu’à demain. Comme les premiers, leur convention collective est échue depuis 2018.

Attentes nébuleuses

Questionné sur ses attentes de la ministre du Travail, le patron de l’AEM a refusé d’être plus précis. Cette dernière est dotée d’une panoplie de pouvoirs pouvant aller jusqu’à l’adoption d’une loi spéciale forçant le retour au travail. 

Informé par Le Journal de cet appel à l’intervention d’Ottawa, le représentant du SCFP, Michel Murray, s’est montré pour le moins étonné. « Je ne comprends pas, a-t-il déclaré. Si c’est le cas, nous aurions dû être informés. Sommes-nous vraiment rendus à jouer à celui qui coupe des oignons et à l’autre qui pleure ? »