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WE Charity a choisi de ne pas attendre l'approbation officielle, dit Trudeau

Émilie Bergeron

Le premier ministre Justin Trudeau soutient que c’était la décision de WE Charity de commencer à mettre sur pied le programme de bourse de bénévolat étudiant dès le 5 mai, sans que le conseil des ministres ait donné son sceau d’approbation.

En conférence de presse à Ottawa, vendredi, il a maintenu qu’il avait demandé à la fonction publique de mener des vérifications supplémentaires sur ce dossier parce qu’il savait que des questions éthiques allaient être soulevées. 

«Mes inquiétudes par rapport à ce programme, ces drapeaux rouges qui ont été élevés, m’ont amené à dire ‘’Wo les moteurs[...] et on s’assure que tout est bien bouclé’’», a-t-il plaidé. 

L’entente de contribution entre WE Charity et Ottawa stipule que celle-ci entrait en vigueur le 5 mai, selon les documents. Or, M. Trudeau a indiqué dans son témoignage de jeudi devant le Comité permanent des finances n’avoir pris connaissance de cet éventuel partenariat que le 8 mai. Son conseil des ministres a ensuite approuvé le tout le 21 mai. 

Vendredi, le chef libéral a affirmé que WE Charity a décidé de son propre chef de commencer à jeter les bases du programme dès le 5 mai, après une discussion avec un employé de son bureau, Rick Theis. 

«Ils ont entrepris le risque. C’est une décision qu’ils ont prise eux-mêmes, mais qui se comprend tout à fait étant donné la pandémie et leur engagement auprès des jeunes au Canada», a dit le premier ministre en faisant allusion aux échéanciers courts pour le développement de mesures d’aide en pleine crise sanitaire. 

M. Trudeau a qualifié la discussion entre M. Theis et les responsables de WE Charity d’«extrêmement brève» et a soutenu que celle-ci consistait essentiellement à diriger l’organisme vers des fonctionnaires d’Emploi et Développement social Canada. 

Par ailleurs, M. Trudeau est resté prudent, vendredi, lorsqu’il a été appelé à commenter le fait que des frais de voyages d’environ 41 000$ de son ministre des Finances et de sa famille avaient été épongés par l’organisation. 

« Je sais que c’est une situation où des gens ont des questions pour M. Morneau, mais [...] de voir des gens dans toutes sortes d’emplois être impliqués dans leur communauté –vouloir aider pour faire une différence et pas juste prendre des vacances personnelles, mais appuyer des bonnes causes partout dans le monde – je pense que les gens comprennent que c’est, en général, une bonne idée », a-t-il dit. 

Conservateurs et bloquistes réclament la démission du ministre Morneau, en plus de celle du premier ministre.

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