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Pourquoi un amerrissage et non un atterrissage?

TVA Nouvelles

Les deux astronautes à bord de la capsule SpaceX qui sont rentrés sur Terre dimanche ont été accueillis par les vagues du golfe du Mexique, contrairement à la plupart des vols de retour qui se terminent sur la terre ferme.

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Ce retour en mer était le premier amerrissage pour des astronautes de la NASA en 45 ans, soit depuis la mission Apollo-Soyouz, le 24 juillet 1975.

L’astronaute québécois David St-Jacques explique que l’amerrissage possède ses vertus, mais aussi ses inconvénients.

«C’est un peu plus doux comme atterrissage et on peut être un peu moins précis parce que c’est grand. Les erreurs sont plus acceptables en termes de précision, note-t-il. Le mauvais côté, c’est que quand on revient d’un séjour prolongé en orbite, en apesanteur, tout le système d’équilibre est complètement affecté. Arriver en mer avec des grosses vagues, ça peut causer la nausée.»

L’astronaute sait de quoi il parle : lors de son atterrissage à bord d’une capsule Soyouz (Russie), il avait été aux prises avec une nausée.

Mais la décision de concevoir une capsule destinée à un atterrissage ou un amerrissage est d’abord et avant tout une décision stratégique de design, souligne David St-Jacques.

«La fusée Soyouz, avec laquelle moi je suis allé à bord, elle revient sur Terre, elle est conçue pour atterrir. C’est un peu parce que la Russie n’a pas accès à un grand océan.»

Point de non-retour   

Le Québécois connait bien les deux astronautes à bord de la capsule SpaceX. «Ce sont des amis proches, plus que des collègues, nos enfants sont amis, nos conjointes sont amies. On attend ça fébrilement toute la famille», indique-t-il.

Ayant vécu un retour sur Terre, David St-Jacques est bien placé pour comprendre comment ses collègues se sont sentis à quelques heures de rentrer de leur périple.

«Les connaissant, ils étaient surement très concentrés sur l’aspect technique du retour. C’est très automatisé, mais les astronautes ont quand même la responsabilité que tout fonctionne. C’est comme quand on utilise un GPS, c’est notre responsabilité, comme conducteur, de vérifier que le GPS nous amène à la bonne place», compare-t-il.

«Ils sont partis hier [samedi] de la Station spatiale internationale, ils ont dormi à bord de leur capsule, en orbite, ils ont lentement descendu jusqu’à s’approcher de l’atmosphère», enchaîne-t-il.

L’astronaute explique qu’à cette étape, il est encore possible de retarder le retour sur Terre de quelques jours si les conditions météorologiques ne sont pas favorables.

«Le jour où ils allument les moteurs, c’est le point de non-retour, il faut revenir. On entre dans l’atmosphère, la boule de feu, on ralentit, on ouvre les parachutes et on tombe dans l’océan. Tout ça en moins de trois quarts d’heure.»

L'opération était en effet délicate, même si l'an dernier, la capsule Dragon a accompli cette mission à vide et sans incident.

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