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Une poursuite pour diffamation liée aux dénonciations

Roxane Trudel | Le Journal de Montréal

Un père de famille montréalais accusé anonymement de harcèlement sexuel sur une page Instagram poursuit pour diffamation la femme qu’il croit être l’auteure de la publication et réclame le retrait de celle-ci sur-le-champ.

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« Le plaignant est expressément nommé et associé avec des comportements qu’il nie vigoureusement, incluant des interactions sexuelles consensuelles, selon lui », peut-on lire dans la poursuite caviardée pour préserver l’identité des deux parties. 

Accusé de harcèlement dans la foulée des dénonciations d’inconduite sexuelle des dernières semaines sur les réseaux sociaux, le Montréalais a déposé mardi une poursuite contre une ancienne collègue avec qui il aurait flirté il y a huit ans.

Relation consensuelle 

Lors du mouvement #MoiAussi en 2017, un collègue de l’homme aurait reçu un courriel de la femme en question, déclarant qu’une relation inappropriée aurait eu lieu entre elle et le père de famille pendant qu’elle travaillait à la firme. 

Or, dans le même courriel, elle aurait admis « clairement » qu’il s’agissait d’une relation consensuelle, et qu’elle ne considérait pas qu’il y avait eu du « harcèlement ou une agression », mais que le contexte de travail rendait la relation inappropriée, souligne la poursuite. 

La femme ne réclamait rien de la part de la firme. 

Mais le 20 juin dernier, le Montréalais a vu son nom sur une publication l’accusant de harcèlement sur la page Instagram « victimsvoices.montreal.rivesud », qui dénonce anonymement l’inconduite sexuelle allant du harcèlement à l’agression.

La page ne semble plus active, selon ce qu’a pu constater Le Journal. 

« Le schéma factuel (et non la qualification des événements) décrit dans la publication est essentiellement le même que celui de la relation [entre l’homme et la femme] », peut-on lire.  

Contenu diffamatoire 

Selon la poursuite, la publication de ce « contenu diffamatoire » nuit et viole les droits à la protection de sa réputation et à son intimité.  

« Son préjudice est aggravé par le fait que la page Instagram l’associe avec des violeurs présumés, des délinquants sexuels, des pédophiles, etc. », poursuit le document de cour. 

La publication est publique et la page Instagram est suivie par plus de 4000 abonnés, indique le document.

L’homme réclame, « sur une base urgente », le retrait de la publication pour protéger ses droits fondamentaux et limiter « l’étendue du préjudice irréparable dont il souffre déjà ». 

Lorsqu’ils seront identifiés, les administrateurs de la page seront également ajoutés à la liste des personnes poursuivies, et l’homme pourrait réclamer une indemnisation. 

–Avec Michaël Nguyen