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Port du masque: les gardiens de prison dénoncent la mesure d’exemption pour les détenus

Agence QMI

Rows of prison cells, prison interior.

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Les gardiens de prison dénoncent le plan de déconfinement des établissements de détention que Québec a mis en branle lundi qui permet aux détenus de ne pas porter de masque. 

Le plan élaboré par le ministère de la Sécurité publique du Québec impose le port du masque aux agents correctionnels et laisse aux détenus la liberté de choisir lors de leurs déplacements dans les aires communes.

Le syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ-CSN) n’a pas digéré que les détenus soient exempts de porter le masque, pourtant devenu obligatoire dans tous les lieux publics fermés.

«Le ministère serre la vis aux agents en nous forçant maintenant à porter la visière en tout temps, alors qu'il n'a même pas le courage d'imposer le port du masque aux personnes incarcérées», s'est insurgé Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ-CSN par voie de communiqué, lundi.

«Quel raisonnement tordu amène le ministère de la Sécurité publique à conclure que les corridors et les salles communes d'un établissement de détention ne sont pas des lieux publics fermés?» a-t-il ironisé.

M. Lavoie décèle dans ce plan du ministère une «preuve de négligence» et un «manque de reconnaissance» pour le travail des agents correctionnels.

Pour sa part, la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP-CSN) s'interroge sur la pertinence d’une telle mesure de déconfinement dans un milieu où les risques «sont aussi importants».

«Nous avons vu à Bordeaux ce qui se produit quand la maladie s'introduit dans un établissement de détention», a affirmé Nathalie Arguin, présidente de la FEESP-CSN.

«Le gouvernement affirme souvent craindre une deuxième vague de COVID-19, alors on comprend mal pourquoi il est si urgent de réduire les mesures de protection dans les prisons», a-t-elle ajouté.