/news/culture

Un concert sur la tour du Stade olympique

Catherine Genest | Agence QMI

Le chanteur Miro Belzil ignore encore s’il a la peur des hauteurs. C’est quelque chose qu’il découvrira mardi en devenant le premier à chanter sur le toit de la tour du Stade olympique, à 165 mètres au-dessus du sol.

Tout pourrait faire basculer ce projet du haut des 37 étages de la plus haute tour inclinée au monde: le vent, la pluie ou même la connexion WiFi du Parc olympique.

«De ce que je sache, je ne serai pas attaché. Je n’ai pas l’impression qu’il y a une rambarde parce que personne ne va là d’habitude. Ceci dit, ça ne m’inquiète pas trop parce que je sais que l’espace est vaste et que je ne serai pas près du bord», dit Miro, connu sous son simple prénom.«Pour le moment, je ne sais pas si j’ai le vertige, mais j’ai fait du parachute deux fois dans ma vie et j’ai adoré ça. J’ai l’impression que ça va être correct, mais je vais le savoir rendu là», ajoute-t-il.

Un projet de grandeur   

Pour gravir le sommet, le chanteur et ses invités devront emprunter le funiculaire puis l’escalier de service de deux étages avant de finalement passer par une trappe. 

Tout en haut, quatre agents de sécurité veilleront à ce que personne ne tombe en bas de cette structure de 7156 pieds carrés.

«C’est quand même assez dangereux», confie Alexan Artun, le gérant de Miro qui occupe aussi les fonctions de directeur technique pour ce concert très spécial, le mardi 4 août à 19h.

«Il y a juste le batteur qui va être attaché à un fil de fer parce qu’il est un peu plus proche du bord. 

En théorie, il se trouve à distance sécuritaire pour ne pas avoir besoin de ça, mais il ne suffit qu’il s’enfarge ou qu’il se lève trop vite de son banc pour commencer à avoir les genoux mous», explique le gérant.

La performance musicale ne sera pas amplifiée pour les passants, mais plutôt retransmise en direct sur une vingtaine de pages Facebook dont celle des Francos de Montréal, du Festival Aurores Montréal de Paris et de QUB Musique. 

Au total, des diffuseurs de trois pays partageront l’exploit en direct avec leurs abonnés.

D’ailleurs, la réussite de ce projet repose entièrement sur le réseau WiFi fourni par le Parc olympique. 

Des câbles seront d’ailleurs acheminés sur le toit depuis les bureaux de Desjardins situés dans la tour.

«Dans toute cette organisation-là, tout repose sur un fil internet qui est mieux de ne pas planter. C’est ça, mon plus gros stress», confie M. Artun.

«Il y a également plein d’antennes sur le toit et ça fait partie des défis parce que ça crée de l’interférence», indique-t-il.

Le pilote de drone Julien Brault-Chénier sera responsable des prises de vues aériennes et il partage la même inquiétude que l’agent de Miro.

«Il faut aussi considérer le fait qu’on n’a pas un budget de production normale. On n’a pas les ressources qu’un événement du genre aurait dû avoir, mais on va faire du mieux qu’on peut», laisse entendre le vidéaste.

Une étoile montante   

En septembre dernier, Miro a sorti son premier album aux effluves pop et rap intitulé «En retard sur ma vie». 

S’il est le premier artiste musical à se voir confier cette scène, c’est à cause de son gérant qui a vu grand et qui a osé frapper aux portes du Parc olympique.

C’est grâce au programme Fonds Radio Star, «servant à financer des activités promotionnelles entourant la sortie d’un album», que M. Artun a pu offrir ce coup d’éclat à son protégé.

Pour l’artiste de 27 ans qui compte un peu plus de 22 000 abonnés sur Instagram, ce spectacle sur le toit du stade constitue une occasion en or pour élargir son public. 

Originaire de Granby, Miro réside à Montréal depuis plusieurs années.

Le concert durera entre 30 et 40 minutes et mettra également en vedette Sarahmée, Franky Fade (membre du groupe O.G.B.) et Claudia Bouvette. 

Cette dernière joindra d’ailleurs sa voix à celle de Miro pour une reprise de «I Lost My Baby» de Jean Leloup.

En cas de mauvais temps, l’événement sera remis le 5 ou le 6 août.