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Délais en immigration: un couple séparé depuis un peu plus de 8 mois

Catherine Boucher | TVA Nouvelles

La pandémie met en lumière des lourdeurs bureaucratiques importantes à Immigration Canada. Plusieurs couples sont dans l'attente d'une réponse de leur demande de parrainage et de résidence permanente. C'est le cas de Mathieu St-Pierre et son épouse guatémaltèque Mariana Villeda, en attente d'une réponse du gouvernement fédéral depuis près de 17 mois.

La demande de résidence permanente de Mme Villeda a été envoyée au service d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada bien avant la pandémie, soit en mars 2019.

Depuis, le duo n'a eu aucun retour de la part de l'administration fédérale quant à l'avancement de leur dossier. La fermeture des frontières occasionnée par la pandémie complique les choses. Les amoureux ne se sont pas vus depuis maintenant huit mois.

«En temps normal, Immigration Canada nous dit que 80% des dossiers sont traités à l'intérieur d'une période de 12 mois. Dans notre cas, cette période a été atteinte au mois de mars 2020», a expliqué Mathieu St-Pierre.

Dans la province, une étape supplémentaire s'ajoute au processus déjà bien étoffé: l'obtention d'un Certificat de sélection du Québec. Alors que la déclaration de service au citoyen du ministère s'engage à répondre à la demande dans un délai de 25 jours ouvrables, le couple a dû attendre sept mois avant de recevoir le papier.

«On peut ensuite l'acheminer au ministère canadien qui complète l'étude du dossier, a ajouté M. St-Pierre. En temps normal, ça devrait être une formalité de finir le dossier donc l'histoire de quelques mois seulement. Dans notre cas, ça en fait déjà quatre ou cinq.»

Lourdeurs bureaucratiques

Les délais importants des traitements de demandes d'immigration et de parrainage au sein d'Immigration Canada constituaient un enjeu important bien avant la crise. Le Bloc Québécois déplorait d'ailleurs la situation l'hiver dernier.

«Présentement, ça a des incidences majeures sur le plan humain particulièrement avec la COVID-19», a fait savoir Maxime Blanchette-Joncas, député fédéral bloquiste pour la circonscription de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques.

«On constate un manque de ressources à Immigration Canada, mais aussi un problème avec les technologies, a-t-il ajouté. Il n'y a pas de numérisation des dossiers particulièrement avec les dossiers papier.»

Si une erreur survient dans la transcription des demandes, les gens doivent recevoir de nouveaux documents papier par la poste et recommencer à zéro par moments, ce qui augmente les délais d'attente.

«On demande au gouvernement de se greffer un peu de coeur et plein de bonne volonté pour augmenter le nombre de ressources, mais aussi pour changer les choses avec les nouvelles technologies, notamment avec la numérisation des dossiers», a imploré M. Blanchette-Joncas.

Plusieurs cas similaires

Le Rimouskoi fait partie d'un regroupement de plus de 3000 personnes qui demeurent toutes dans l'incertitude quant à l'avancement de leurs demandes, interrompues depuis le début de la pandémie. Le 8 août prochain, ils militeront un peu partout à travers le Canada pour faire entendre leurs voix.

«Il y a des manifestations qui vont avoir lieu à la grandeur du Canada, moi je vais participer à celle de Montréal qui va être devant les bureaux d'Immigration Canada, a expliqué le Rimouskois. On demande au gouvernement fédéral d'avoir un peu de prévisibilité et de nous étayer un peu leur plan d'action pour assurer le traitement de nos dossiers.»

Les militants proposent au gouvernement fédéral la création d'un programme de visa temporaire, permettant aux familles de se réunir rapidement jusqu'à ce que leur demande d'immigration soit complétée.

Une pétition de plus de 3500 signatures figure sur le site de la Chambre des communes et devrait être déposée sous peu.