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D’autres campements de sans abris à Montréal

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Les sites de campings improvisés d'itinérants se multiplient un peu partout à Montréal. TVA Nouvelles a découvert mercredi un autre endroit dans le secteur Hochelaga-Maisonneuve où ils sont plusieurs à vivre dans abris de fortune sur un terrain vacant en bordure de la rue Notre-Dame, à côté du terrain d'entraînement de l'Impact de Montréal. 

Certains d'entre eux s'organisent même pour y passer l'hiver. François est l'un de ceux-là. Son campement est essentiellement fabriqué de bois et de toiles de plastique. Il admet que les intempéries des derniers jours ont sévèrement mis à l'épreuve son installation de fortune. Il vit en communauté avec plusieurs autres itinérants sur un terrain qui appartiendrait à un homme d'affaires montréalais qui tolère leur présence.

«J'ai mon campement, j'ai mon foyer là, je fais chauffer du bois. Puis là, je viens manger ici. Là, je vais me coucher là. Quand il mouille à seaux, des fois, ça passe à travers mes toiles. J'ai été trois ou quatre jours dans la flotte, c'était fou!», raconte-t-il.

L’Opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal s'inquiète de cette situation sans précédent dans la métropole. Benoit Langevin, porte-parole de l’Opposition officielle en matière d'Itinérance et de Jeunesse, dénonce les fermetures hâtives des ressources d’hébergement temporaires ouvertes au début de la pandémie, en mars dernier.

«Actuellement, l’Administration Plante ferme une à une les ressources temporaires d’urgence créées afin de répondre aux besoins extraordinaires, conséquences de la Covid-19. Ces ressources demeurent essentielles!» déplore M. Langevin.

«On ferme l’aréna Maurice-Richard, le Y des femmes, le Centre Jean-Claude Malépart. La réalité sur le terrain est que les groupes en itinérance doivent maintenant décentraliser leurs services pour réduire le risque de transmission et permettre la distanciation», ajoute-t-il.

Par voie de communiqué mercredi, la Ville de Montréal a répliqué en affirmant qu'il y avait des lits en quantité suffisante ainsi que des ressources sur le terrain qui voient au quotidien au bien-être de cette population vulnérable.

«Plusieurs dizaines de places demeurent disponibles dans les services d’urgence temporaires mis en place par l'agglomération de Montréal et le réseau de la santé, en partenariat avec les organismes communautaires, ainsi que dans le réseau traditionnel des services d'hébergement d’urgence. De plus, de nombreux sites sont présentement en développement, dont un à l’ancien hôpital Royal-Victoria, un refuge situé dans l’Est de Montréal et un refuge dédié aux personnes autochtones. Ces sites, qui devraient pouvoir accueillir des gens d’ici la fin du mois d’août, offriront des dizaines de places supplémentaires aux personnes en situation d’itinérance», a souligné Nathalie Goulet, responsable de l’inclusion sociale, des sports et loisirs, de la condition féminine, de l’itinérance et de la jeunesse au sein du comité exécutif.

En date du 3 août, 65 lits d’hébergement d’urgence étaient toujours disponibles dans les différents sites de la métropole pour accueillir des personnes dans le besoin. Depuis le mois de juin, le plus haut taux d'achalandage des mesures d’urgence mises en place a été de 494 personnes pour 742 lits disponibles.