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Le télétravail profite aux pirates informatiques

Raphaël Beaumont-Drouin | TVA Nouvelles

Le contexte de travail à distance en raison de la pandémie facilite la tâche des voleurs de données, selon des experts en informatique.

«Il y a une augmentation assez phénoménale depuis les cinq derniers mois (...) d’attaques violentes de différentes compagnies dans la région de Québec», relate Simon Fontaine, président d’ARS Solutions, une entreprise spécialisée en cybersécurité.

Près d’une dizaine d’entreprises de la grande région de Québec ont été victimes de rançongiciels; des virus permettant aux pirates informatiques de prendre en otage les données d’entreprises, et de réclamer une rançon.

Une des multiples méthodes prisées par les cybercriminels consiste à envoyer des courriels frauduleux contenant des liens piégés afin d’hameçonner leurs victimes.

«Présentement ce qu’on voit beaucoup ce sont des outils de collaboration comme Microsoft, Teams, Zoom pour les vidéoconférences; ces logiciels ont souvent été installés rapidement, la sécurité est souvent plus ou moins bien mise en place», explique M. Fontaine.

Selon lui, les gens qui travaillent à la maison sont plus facilement distraits, et donc plus susceptibles d’être victimes d’hameçonnage.

De plus, les entreprises qui ont fait la transition vers le télétravail n’ont souvent pas de système de protection adéquat leur permettant de protéger leurs données. 

L’impact d’une cyberattaque pour une entreprise non protégée peut être désastreux, selon Simon Fontaine.  

«La plupart doivent arrêter leurs activités pendant deux à quatre semaines, ils vont perdre entre six mois à un an d’informations. Il y en a qu’on a failli tout perdre, car il n’y avait rien en place pour protéger leurs données», dit-il
L’expert en sécurité croit que les entreprises québécoises devraient en faire plus afin d’améliorer la sécurité de leurs systèmes informatiques. 

Un problème croissant 

Guillaume Clément de la firme Egyde-KPMG croit que le problème est plus complexe. 

«Je crois qu’il y avait déjà une très forte tendance au Québec et au Canada depuis 18 mois, explique-t-il. Je pense que c’est juste la continuité du phénomène grandissant des cyberattaques.» 

M. Clément indique que les pirates informatiques ont raffiné leurs techniques et leurs méthodes dans les dernières années.

Il affirme néanmoins que le Québec a fortement progressé en matière de protection des données durant cette même période.
«On est dans la bonne direction. C’est des choses qui prennent du temps, on parle ici d’investissements massifs.»