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Un homme d’affaires d’ici parmi les victimes

Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

Un homme d’affaires « extrêmement dévoué » de la communauté libanaise de Montréal et impliqué en politique est mort dans les explosions meurtrières à Beyrouth.

Ayant immigré au Canada il y a sept ans, l’homme d’affaires Nazar Najarian avait coutume de partager son temps entre Beyrouth et la métropole, selon Alice Khalil.

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Elle-même membre de la communauté libanaise, la présidente de la Coalition Avenir Québec connaissait le défunt.

« C’est quelqu’un qui adorait le Liban. Il était déterminé à en faire un pays dont on rêve tous », souligne-t-elle.

Comble de malchance, Nazar Najarian se trouvait à son bureau près du port quand deux énormes déflagrations ont secoué la capitale de son pays natal hier.

Il dirigeait une compagnie d’import-export de produits de luxe, Tetran Holding, selon sa page LinkedIn.

Sa fille Magali Najarian a confirmé sa mort à CTV News, alors qu’elle pleure la perte « du père le plus formidable qui soit ». 

La femme de M. Najarian était aussi à Beyrouth, mais elle n’a heureusement pas été blessée, précise le conseiller municipal montréalais Aref Salem, qui connaît la famille.

De retour au Liban 

M. Najarian était lui aussi impliqué en politique. Il était d’ailleurs retourné dans son pays d’origine il y a environ deux ans pour occuper l’important poste de secrétaire général du parti Kataeb.

Ses deux enfants vivent quant à eux toujours à Montréal.

Nazar Najarian avait commencé à s’impliquer en politique au Liban dès l’âge de 16 ans, affirme M. Salem. 

Celui qui défendait ses origines arméniennes était un homme « de dialogue et de discussion », selon son ami Aouni Khoros, qui le connaissait depuis plus de 30 ans. 

« Il avait un grand respect pour ceux qui défendaient leurs idées mêmes si elles s’opposaient aux siennes. »

« C’était un grand ami et un client, s’est aussi désolé Me Joseph Daoura, conseiller municipal de Mont-Royal et avocat. J’ai été très très touché, on a travaillé ensemble pendant cinq ans. »

Très ému, le président du chapitre de Kataeb à Montréal, Vincent Chidiac, a pour sa part regretté le départ « d’un grand camarade ». Il a rappelé que ce dernier avait été très proche du président libanais Bachir Gemayel, assassiné en 1982.

Milice libanaise 

M. Najarian a par ailleurs été le commandant d’une milice libanaise dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël, rapportait le Washington Post dans les années 1980.

« Nazo », comme on le surnommait, parlait couramment quatre langues, en plus d’être un amateur de volleyball, de lecture et de marches en nature, précise sa page LinkedIn.

« Sa perte est énorme pour sa famille et toute la communauté. Il était important, comme toutes les victimes qui ont péri dans cette explosion et dont la vie n’aurait pas dû se terminer ainsi », note Lamia Charlebois, qui n’avait que de bons mots pour lui.

Hôpitaux complètement débordés  

explosion

Photo tirée de Twitter

Déjà débordés par la pandémie de COVID-19, les hôpitaux de Beyrouth se sont vite retrouvés surchargés par les milliers de blessés à traiter.

PH-Twitter

Photo tirée de Twitter

Sur la photographie de droite, on peut voir du personnel médical soigner un patient dans un stationnement à l’aide de lampes de poche, puisqu’il n’y avait plus de place à l’intérieur. Ci-haut, une infirmière tentait tant bien que mal de s’occuper de trois nouveau-nés, tout en appelant pour de l’aide. 

Palais présidentiel touché  

explosion

Photo tirée de Twitter

Les explosions dans le port de Beyrouth ont provoqué des dégâts importants jusqu’au palais présidentiel de Baabda, situé à environ neuf kilomètres de l’épicentre. 

On rapporte des vitres brisées ainsi que des fenêtres et des portes soufflées, selon l’Agence nationale d’information libanaise.

Jusqu’à Chypre  

Les déflagrations à Beyrouth ont été ressenties jusqu’à la ville côtière de Limassol, sur l’île de Chypre, à un peu plus de 200 km des côtes libanaises.

« Nous avons ressenti deux explosions à Limassol. Je pensais que c’était un tremblement de terre, mais seulement nos vitres vibraient », a écrit sur Twitter Emilia Papadopoulos, une présentatrice télé de l’endroit.