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WE Charity a tenté de séduire le gouvernement du Québec

Anne Caroline Desplanques

Marc (à gauche) et Craig Kielburger, les cofondateurs de WE Charity, ont témoigné la semaine dernière devant le Comité permanent des finances, qui tente de faire la lumière sur une entente millionnaire entre leur organisme et le gouvernement fédéral.

CPAC

Marc (à gauche) et Craig Kielburger, les cofondateurs de WE Charity, ont témoigné la semaine dernière devant le Comité permanent des finances, qui tente de faire la lumière sur une entente millionnaire entre leur organisme et le gouvernement fédéral.

WE Charity a tenté une opération de séduction auprès du ministre des Finances du Québec, il y a quelques mois. Et l’organisme, au cœur d’une controverse éthique impliquant la famille Trudeau, a aussi collecté des fonds dans une école montréalaise.

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Le ministre des Finances, Eric Girard, a reçu trois représentants du mouvement WE à son bureau montréalais le 20 décembre 2019, dont le controversé cofondateur de l’organisme, Craig Kielburger.

Peu connu au Québec, l’organisme était déterminé à s’y engager davantage en jouant de contacts politiques avant d’être éclaboussé par un vaste scandale.

WE est dans l’eau chaude depuis que le gouvernement fédéral lui a accordé puis retiré une contribution de 43,5 M$ pour gérer 500 M$ en bourses canadiennes pour le bénévolat étudiant.

Selon nos informations, lors de la rencontre de décembre, les représentants de WE cherchaient à établir de nouveaux partenariats avec le gouvernement Legault.

Craig Kielburger a même invité le ministre Girard à participer à un de ses événements.

Eric Girard, ministre des Finances du Québec.

Photo Jean-François Desgagnés

Eric Girard, ministre des Finances du Québec.

M. Girard a néanmoins décliné l’invitation et son ministère n’a pas versé un sou à WE.

10 000 écoles 

Le ministère de l’Éducation du Québec, cible principale de WE dans les autres provinces, indique pour sa part n’avoir aucune entente avec l’organisme.

Toutefois, les conseils d’établissements scolaires peuvent conclure eux-mêmes des ententes de service avec des tiers.

Les écoles sont le terrain d’action principale de WE, qui dit fournir « des trousses d’activités pédagogiques et des ressources éducatives » aux enseignants et aux élèves. 

Il les incite aussi à collecter des fonds pour une variété de causes.

Quelque 10 000 écoles au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni adhèrent au mouvement.

Les élèves de l’école primaire Gardenview dans l’arrondissement montréalais de Saint-Laurent ont ainsi collecté 10 000 $ et des denrées non périssables sous l’influence de WE, peu avant la pandémie.

Une enseignante qui utilisait déjà du matériel de WE, a sensibilisé ses élèves aux ravages causés par les feux de forêt en Australie.

Émouvoir les enfants 

Émus par les images de koalas prisonniers des flammes, les enfants ont voulu aider.

En janvier, l’école a indiqué au journal Métro que les fonds collectés avaient été versés à WIRES, une organisation australienne venant en aide aux animaux.

Sur son site, WE, qui n’est pas en activité en Australie, ne fait pas mention de WIRES.

L’organisme indique plutôt que l’école Gardenview a contribué à son programme de sécurité alimentaire et à ses WE Villages. 

Pas lobbyistes, mais...   

Aucun représentant du mouvement WE n’est inscrit au Registre des lobbyistes du Québec et ne l’était au moment de rencontrer le ministre des Finances, Eric Girard, en décembre.

Mais « la nature de la rencontre qui se voulait informative et qui ne visait aucune demande particulière ne semble pas nécessiter que ces personnes aient été inscrites au Registre », selon le cabinet du ministre.

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