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Chômage à la baisse aux États-Unis

Agence France-Presse

Des manifestants demandent de l'aide financière pendant la pandémie de COVID-19 à New York, en août 2020.

AFP

Des manifestants demandent de l'aide financière pendant la pandémie de COVID-19 à New York, en août 2020.

Les inscriptions au chômage sont reparties à la baisse aux États-Unis, après deux semaines de hausse dues à la flambée des cas de COVID-19, et les regards sont tournés vers le Congrès où se négocie la prolongation d'une aide pour les chômeurs.

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Ce sont ainsi 1,19 million d'Américains qui se sont inscrits au chômage entre le 26 juillet et le 1er août, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Travail.

Les nouvelles inscriptions baissent chaque semaine depuis le record historique de 6,6 millions de nouveaux chômeurs en une semaine, fin mars.

Mais elles sont reparties à la hausse pendant deux semaines fin juillet, alors qu'une large partie du pays a vu les cas de COVID-19 bondir. Dans de nombreux États comme la Californie, le Texas, la Floride, les restaurants qui avaient rouvert ont dû refermer leurs portes, les commerces également.

Cela a fortement ralenti les créations d'emplois dans le secteur privé en juillet: 167 000 emplois ont été créés, contre 2,4 millions le mois précédent, selon l'enquête de la firme de services aux entreprises ADP publiée mercredi.

Ces fermetures «à répétition (...) restent une menace pour le marché du travail, qui est déjà faible. La possibilité de licenciements qui pourraient devenir permanents est élevée», souligne Rubeela Farooqi, de High Frequency Economics.

Le taux de chômage du mois de juillet sera annoncé vendredi. Les analystes tablent sur une baisse, à 10,5% contre 11,1% en juin.

Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi sur Fox News que cette publication contiendrait de «gros chiffres» sans préciser ce que cela pouvait signifier.

Près de 16 millions d'Américains touchent actuellement une indemnité chômage versée par chaque État, dont le montant et la durée sont variables.

Mais il faut également compter ceux qui ont perdu leurs revenus avec la crise, mais ne peuvent pas toucher le chômage: travailleurs indépendants, allocataires en fin de droits, ou encore ceux dont la santé est plus fragile et qui craignent d'attraper le COVID-19, par exemple.

Tous pouvaient, jusqu'à fin juillet, compter sur une aide supplémentaire de 600 dollars par semaine, qui avait été adoptée fin mars par l'administration de Donald Trump et les élus du Congrès.

Aussi au total, 32 millions de personnes ont touché une aide mi-juillet, contre 1,7 million à la même époque l'an passé, selon les données également publiées jeudi.

Une prolongation de plusieurs mois de l'aide fédérale est négociée par la Maison-Blanche et les élus du Sénat et de la Chambre des représentants, mais ils peinent à trouver un terrain d'entente quant au montant.

Certains républicains craignent en effet que ce montant généreux décourage certains chômeurs de chercher un emploi.

Ceux «qui ont perdu leur emploi pendant une pandémie mondiale sont désormais obligés de se débrouiller avec environ 40% de leurs revenus précédents», a commenté Heidi Shierholz, de l'Economic policy institute, un think tank progressiste, et ancienne cheffe économiste du département du Travail sous Barack Obama.

«Les républicains du Sénat proposent (principalement)de remplacer les 600 dollars par 200 dollars hebdomadaires. Cette réduction (...) n'est pas seulement cruelle, c'est terrible pour l'économie», a-t-elle déploré dans un tweet.

Cette aide permet en effet aux personnes sans revenus, de continuer à consommer et aux entreprises, de ne pas couler. Ainsi, cela «soutient 3,4 millions d'emplois. Si vous réduisez de 400 dollars, vous supprimez ces emplois», souligne-t-elle.

Les États-Unis, de loin le pays le plus touché par le virus, peinent à contenir la pandémie, qui y a fait plus de 158 000 morts.