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Consultations prébudgétaires: les réseaux sociaux pour promouvoir un définancement du SPVM

Elsa Iskander

Bloc Police SPVM

Photo d'archives, Agence QMI

Faut-il réduire le financement du Service de police de la Ville de Montréal? Cette question, soulevée par la Ville dans ses consultations prébudgétaires, retient l’attention de Montréalais, qui la font circuler sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, souvent accompagnée du mot-clé #DefundThePolice. 

La crise sanitaire a eu un impact sur les finances municipales, et dans un sondage en ligne qui peut être rempli jusqu’au 23 août, l’administration municipale demande aux citoyens s’il faudrait réduire le financement de certains services dans le budget 2021 et si oui, lesquels. Parmi les choix de réponses, on retrouve notamment «Service de police».

Certaines personnes trouvent qu'il s'agit d'une bonne idée.

«J'aimerais vous inviter à remplir ce sondage, car il y a une case où vous pouvez indiquer que vous désirez voir le SPVM définancé. Je pense que c'est là une bonne façon de se mobiliser pour dire à la mairie ce qu'on aimerait qu'il se passe à Montréal #DefundTheSPVM», a écrit jeudi le rappeur Kirouac, Paul Provencher de son vrai nom, dans une publication Facebook.

«Ça m’a beaucoup interpellé parce que justement, à travers ma musique, ma vision politique, je crois beaucoup à l’importance de rediriger notre activisme politique autour du champ municipal», a-t-il expliqué, au sujet de sa décision d’inviter ses concitoyens à participer aux consultations.

«Avec la résurgence, dans les mois précédents, du mouvement Black Lives Matter, il y a une question de: qu’est-ce qu’on peut faire pour endiguer le phénomène du racisme systémique, du profilage et de la discrimination raciale?» a-t-il dit. Des manifestations ont eu lieu à Montréal, comme dans d’autres villes, contre le racisme et la brutalité policière.

La question du définancement s’inscrit aussi dans ce contexte. «On devrait réinvestir ces ressources dans la prévention des problèmes sociaux plutôt que la punition», croit-il. «C’est là une vraiment bonne opportunité. Il y a une consultation qui nous permet de nous exprimer sur ce sujet qui est très d’actualité, où on peut avoir une influence directe sur l’opinion de nos élus», estime l’artiste.

Action concrète

«Voici une action concrète que nous pouvons prendre pour le définancement du SPVM», a fait valoir, mercredi, la Coalition pour le définancement de la police ou #DefundTheSPVM, dans un message Twitter renvoyant au questionnaire de la Ville.

Ce regroupement d’organismes montréalais réclame, entre autres, de diviser en deux le budget de 665 M$ du SPVM. «En plus du définancement, c’est réinvestir dans les communautés, dans le logement social, pour des programmes sociaux, d’éducation, de santé mentale», a expliqué Jessica Quijano, l’une des porte-parole de la coalition.

«Je travaille souvent avec des cas de santé mentale et il y a une façon d’intervenir avec les personnes en détresse, et on n’a pas besoin de personnes armées pour faire ça», a ajouté celle qui œuvre aussi au Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Mme Quijano salue la possibilité, pour les citoyens, de s’exprimer en vue du prochain budget, mais ce mode d’expression n’est pas suffisant selon elle, puisque certaines personnes marginalisées n’ont pas un accès internet. «Ça limite la voix des personnes qui ont la police dans leur vie au quotidien.»