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Les revenus des parcomètres ont fondu à Montréal

Guillaume Pelletier | 24 Heures

GUILLAUME PELLETIER 24 HEURES/AGENCE QMI

La pandémie a eu des effets dévastateurs sur les revenus des parcomètres montréalais, qui ont chuté de 90 % au plus fort de la crise.

En avril, seulement 453 441 $ ont été récoltés grâce à ceux-ci, alors qu'ils rapportent habituellement 5 millions $ en moyenne par mois.

L'Agence de mobilité durable de la Ville de Montréal, qui gère les revenus de stationnement, ressent donc les impacts de la fermeture des entreprises non essentielles et l'augmentation du recours au télétravail.

Selon des chiffres fournis au «24 Heures» par l'Agence, seulement 14 millions $ ont été accumulés lors des cinq premiers mois de l'année 2020. À titre comparatif, les quelque 18 000 places de stationnements tarifées sur rue rapportaient à la Ville près de 60 millions $ annuellement entre 2015 et 2018, montrent les rapports annuels de Stationnement de Montréal, qui gérait autrefois celles-ci. Ce chiffre sera loin d'être atteint en 2020 si la tendance se maintient.

L'Agence de mobilité durable n'a pas voulu nous transmettre les revenus mensuels pour l'année 2019 malgré nos demandes répétées, sous prétexte qu'ils ne sont pas assujettis à la loi sur l’accès à l'information puisque ces rapports avaient été produits par Stationnements de Montréal, une entreprise privée.

Chose certaine, l'Agence de mobilité durable explique que les chiffres des derniers mois n’ont rien d’étonnant dans les circonstances actuelles.

«Bien sûr, en raison de la situation sanitaire extraordinaire que nous vivons tous, les citoyens ont diminué leurs déplacements, ce qui est normal et souhaitable pour des raisons de santé publique et dans le respect des directives des autorités de santé publique», explique la porte-parole de l'Agence, Caroline Martel.

Le budget 2021 de l'organisme sera d'ailleurs établi en tenant compte de ces résultats financiers.

Dans les dernières semaines, l'aménagement de 200 kilomètres de voies actives sécuritaires au profit des piétons et des cyclistes a aussi amené le retrait d'espaces de stationnement pour la période estivale. La Ville n'a pas été en mesure de chiffrer le nombre total d'espaces de stationnement retirés.

Le tarif des parcomètres varie entre 1,50 $ et 3,50 $ de l'heure selon les arrondissements.

Même chose pour les tickets

Une énorme baisse a aussi été constatée dans le nombre de constats d'infraction distribués pour stationnement interdit. En janvier, 52 024 constats avaient été distribués, un chiffre qui a diminué à seulement 3553 en avril, selon des données compilées par l'Agence.

Ainsi, pour les cinq premiers mois de l'année 2020, seuls 169 885 constats ont été décernés à des automobilistes mal garés dans l'ensemble des arrondissements sous la juridiction de l'Agence de mobilité durable. En 2018, les policiers et agents de stationnement avaient émis 1 167 192 constats pour ce type d'infraction.

Revenus de stationnement tarifé sur rue

2020: 14 037 639 $ (1er janvier au 31 mai)

2019: ND

2018: 59 812 217 $

2017: 60 959 544 $

2016: 61 552 533 $

2015: 62 905 309 $

Revenus de l'Agence de mobilité durable en 2020 provenant des stationnements tarifés sur rue

Janvier: 5 020 049 $

Février 4 545 249 $

Mars: 2 929 465 $

Avril: 453 441 $

Mai : 1 089 435 $

Constats émis pour des infractions de stationnement sur rue

2020: 169 885 (1er janvier au 31 mai)

2019: ND

2018: 1 167 192

2017: 1 297 421

2016: 1 312 895

2015: 1 286 607

Source: Agence de Mobilité durable et rapports annuels SPVM et Stationnement de Montréal