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Une prof de la Rive-Nord poursuit des parents pour 90 000 $

Roxane Trudel | Journal de Montréal

Bloc Justice

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Une enseignante d’une école secondaire de Boisbriand réclame 90 000 $ aux parents d’un élève de 12 ans qui l’aurait accusée à tort de l’avoir « agressé brutalement », ce qui a entraîné de lourdes conséquences sur sa vie et sa carrière.

« [Marie-Hélène Marchand] a été la victime d’une atteinte sournoise à sa réputation, où elle a été humiliée et profondément troublée par les paroles et actes des [parents] et de leur fils mineur », allègue-t-on dans la poursuite civile déposée récemment au palais de justice de Saint-Jérôme.

L’enseignante de mathématique y précise avoir été convoquée par la direction de son école le 1er mai 2019, puis suspendue pour une durée indéterminée, sans aucune explication. Elle a alors été escortée hors de l’établissement, sans avoir le droit de s’adresser à quiconque.

« Humiliée »

« [Elle] n’a jamais été aussi humiliée de toute sa vie alors qu’elle se sentait épiée et perçue comme une personne coupable alors que ses collègues ne comprenaient pas ce qui lui arrivait [...] », peut-on lire dans le document de cour.

Ce n’est qu’après une semaine « cloîtrée chez elle dans un état de stress et de panique » qu’un policier de la Régie intermunicipale de Thérèse-de-Blainville l’a informée que les parents d’un élève de 1re secondaire l’accusaient d’avoir agressé leur fils « d’une manière si brutale que des marques seraient restées sur le bras du jeune garçon », indique la poursuite.

Or, lorsqu’un policier a questionné l’enfant à nouveau à la suite des dénégations véhémentes de la prof, le jeune aurait « finalement avoué avoir inventé toute l’histoire », lit-on dans la requête.

Bien que soulagée par l’abandon de la plainte, l’enseignante contractuelle soutient avoir été victime de crises d’angoisse après l’affaire et ainsi avoir eu des difficultés à se trouver un poste.

Aucune responsabilité

De plus, les parents auraient persisté « à mettre le blâme sur l’enseignante, ne se reconnaissant aucune responsabilité dans les agissements de leur fils », peut-on lire dans la poursuite.

« C’est la [mère] qui a propagé les propos mensongers de son fils auprès de la direction [...] [Elle] n’a en aucun moment réfléchi aux conséquences que son geste pourrait avoir sur [l’enseignante], alors qu’elle a plutôt supporté la version pour le moins étonnante et très peu crédible de son fils qu’elle sait très bien [être] sujet à plusieurs troubles de comportements », soutient la poursuite. L’enseignante réclame 90 000 $ à Karine Deschamps et Steeve Sirois, à titre de tuteurs de leur fils.

« Les évènements [...] auraient certainement pu être traités d’une manière bien différente si [...] la mère du jeune Sirois avait été réceptive, rationnelle et raisonnable dans sa manière de traiter la présente situation », déplore-t-on.

- Avec Diane Meilleur