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Attention à ces vidéos potentiellement fausses des explosions de Beyrouth

TVA Nouvelles

Les explosions de Beyrouth ne datent que de mardi dernier mais, déjà, elles sont largement documentées à travers le web. 

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De nombreuses vidéos des déflagrations circulent et ont été partagées des millions de fois par des gens à travers le monde.

Parmi ces vidéos, on retrouverait plusieurs fausses vidéos.

C’est ce que martèle entre autres Nick Waters, ancien officier de l’armée britannique, dans une publication du média d’enquête Bellingcat.

Son argumentaire a de quoi remettre en question la sortie du président libanais Michel Aoun, qui évoquait lundi de la négligence, mais aussi la possibilité d’une «bombe» ou d’un «missile» pour expliquer la tragédie du port de Beyrouth.

«Une variété de sources ont répandu que l’explosion était une détonation nucléaire, explique Waters dans son article publié vendredi. Toutefois, ces déclarations sont facilement identifiables comme étant fausses. Plusieurs experts nucléaires ont souligné que l’explosion n’avait aucune des caractéristiques distinctives d’une explosion nucléaires, comme un flash aveuglant ou une secousse thermique.»

Waters a aussi remis en question la légitimité d’autres vidéos montrant un soi-disant missile s’écrasant sur le port et provoquant une détonation. «Ceci n’est pas un missile : c’est un dessin animé, se moque-t-il. Toutes ces vidéos sont délibérément fausses ou montrent simplement des oiseaux volant devant la caméra.»

«Voici l’exemple le plus probant de cela ci-bas. Quelqu’un a monté un missile en dessin animé dans une vidéo authentique de l’explosion», écrit-il en présentant la vidéo en question.

En regardant la vidéo «image par image, la réalité devient claire, dit Waters. Le projectile en dessin animé est présent deux secondes avant d’inexplicablement disparaître.»

Waters dénonce aussi l’absence de véracité dans une vidéo prise par des caméras dites thermiques. L’ex-militaire a retracé une vidéo authentique des explosions pour la soumettre au traitement d’image thermique, où l’on ne discerne l’apparition d’aucun missile. Dans l’analyse subséquente d’une vidéo qu’il conçoit comme fausse, Waters aperçoit la superposition d’images d’un missile.

Le même jour, le président libanais devenait le premier responsable du pays à évoquer une piste extérieure dans l'affaire de l'explosion, les autorités affirmant jusqu'à présent qu'elle a été provoquée par un incendie dans un énorme dépôt de nitrate d'ammonium.

Le chef de l'État, âgé de 85 ans, a ajouté avoir «personnellement» demandé jeudi au président français Emmanuel Macron qu'il a reçu au palais présidentiel «de fournir des images aériennes pour pouvoir déterminer s'il y avait des avions dans l'espace (aérien) ou des missiles» au moment de l'explosion mardi.

Trois jours après les explosions qui a ébranlé la capitale libanaise en quelques secondes, faisant plus de 150 morts, les chances de retrouver des survivants s’amenuisent. Plus de 5000 blessés ont été recensés.