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Tarifs américains sur l'aluminium: Le Canada promet de riposter face au pire

Émilie Bergeron

Le gouvernement Trudeau ripostera œil pour œil, dent pour dent à l'administration Trump si elle persiste à réimposer des tarifs de 10 % sur l’aluminium canadien, a martelé la vice-première ministre Chrystia Freeland, vendredi, se montrant prête à affronter le pire.

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«La réponse du Canada à ces tarifs injustifiés sera rapide et forte [...] Nous n'allons pas aggraver la situation, mais nous n'allons pas reculer non plus», a-t-elle tonné en point de presse à Toronto, précisant que les mesures de représailles s’élèveront à 3,6 milliards $.

Jeudi, le président américain a, comme plusieurs le redoutaient, annoncé de nouveaux tarifs sur l’aluminium canadien, qui doivent entrer en vigueur le 16 août sur ce métal dans sa forme primaire.

Pour le moins piqué au vif, Ottawa planche déjà sur une liste de produits américains sur lesquels il menace d'imposer une taxe qui équivaudrait, «dollar pour dollar», aux surtaxes «inutiles», «inacceptables» et «absurdes» des Américains. C’est dans ce niveau de langage virulent que Mme Freeland a détaillé l'éventuelle riposte canadienne à cette deuxième vague tarifaire à l'horizon, après celle qui a duré près d'un an, de juin 2018 à mai 2019, en pleine renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain.

Sur la longue liste préliminaire du gouvernement Trudeau, soumise à une consultation de 30 jours auprès des Canadiens, on retrouve des produits tels que des réfrigérateurs, des machines à laver, des bicyclettes et même de l’équipement de sport comme des clubs de golf.

«Nous avons espoir que, quand les Américains regarderont la liste, ils [se] diront que d’avoir une dispute sur des tarifs est une très mauvaise idée», a lancé Mme Freeland.

Ottawa, avec ses 30 jours de consultation, offre l’occasion à l’administration Trump de reculer sur ses intentions. Le délai viendra toutefois à échéance le 16 septembre, prévient-on, date butoir à laquelle le Canada entend mettre en place ses mesures de représailles.

Si Mme Freeland a insisté sur l'importance d'espérer une résolution de conflit rapide, elle a aussi laissé entendre qu’elle avait appris à se préparer au pire avec Donald Trump, qui cherche à se faire réélire dans quelques mois, en novembre.

«L’annonce [de jeudi] de l’administration [Trump] indique que c'est l’administration américaine la plus protectionniste dans l’histoire», a-t-elle lâché, se montrant prête à en découdre pour longtemps s'il le faut. Elle a toutefois évité de s'avancer sur la durée que pourrait avoir ce nouvel affront.

Quoi qu'il en soit, la ferme mise en garde du fédéral a semblé plaire au premier ministre québécois François Legault. «Notre gouvernement collaborera à l’élaboration de la liste de produits américains touchés», a-t-il fait savoir.

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