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Patrick Huard dans la peau d’un clown

L’humoriste et animateur Patrick Huard tient la vedette dans Mon cirque à moi

Maxime Demers | Journal de Montréal

Patrick Huard se réjouit de participer à sa façon à la relance des cinémas au Québec en défendant le rôle d’un clown dans la comédie dramatique Mon cirque à moi. « C’est un film qui tombe à point avec ce qu’on vit en ce moment parce qu’il peut faire du bien aux gens », affirme-t-il.

« C’est un film lumineux et positif et je pense que les gens qui vont aller le voir vont ressortir de la salle avec le sourire. Un sourire caché derrière un masque, mais je pense que c’est quelque chose qu’on peut voir aussi dans les yeux des gens ! » ajoute-t-il.

Dans ce premier long métrage de la réalisatrice Miryam Bouchard, qui prend l’affiche le 14 août, Patrick Huard se glisse dans la peau de Bill, un clown de profession qui mène une vie de bohème avec sa petite troupe composée notamment de sa fille de 12 ans, Laura (Jasmine Lemée). Cette dernière, plus sage et sérieuse que son père, rêve toutefois d’une vie plus rangée.

« Quelle belle trouvaille de raconter une histoire dans laquelle c’est l’enfant qui veut avoir une vie simple et normale, à l’opposé de son père qui privilégie une vie de bohème ! D’habitude, c’est le contraire qu’on voit », observe Huard.

Pour écrire le scénario de Mon cirque à moi, Miryam Bouchard s’est librement inspirée de son enfance auprès de son père, le clown et comédien Reynald Bouchard, qui est décédé en 2009. Même s’il a déjà travaillé avec Reynald Bouchard dans le passé (ils ont joué ensemble dans un épisode de la série humoristique Taxi 0-22), Patrick Huard a voulu éviter de trop s’inspirer de lui pour composer le personnage de Bill : 

« J’ai dit rapidement à Miryam que je ne voulais pas jouer Reynald, parce que la marche était trop haute et qu’elle aurait été déçue à chaque scène. Je ne pouvais pas être à la hauteur de son papa. Je lui ai donc dit que j’allais faire un papa fictif inspiré de son histoire ».

Un automne chargé  

Parce qu’il a commencé sa carrière comme humoriste, Patrick Huard admet qu’il était assez naturel pour lui d’incarner un clown qui gagne sa vie en donnant des spectacles. Il rigole quand on lui fait remarquer qu’il semble aussi abonné aux personnages d’adultes qui refusent de vieillir (voir Starbuck).

« C’est vrai que ça me poursuit !, lance-t-il en riant. Et c’est drôle parce que je ne suis pas du tout comme ça dans la vie. Les gens autour de moi me trouvent même parfois un peu straight. Mais moi, ce que j’aime jouer, ce sont les personnages imparfaits qui ne sont pas bons dans tout. Bill a plein de défauts, mais il est attachant. Pour moi, c’est ça qui rend ces personnages réels. »

Patrick Huard était bien installé sur le balcon de sa maison en Gaspésie quand Le Journal lui a parlé plus tôt cette semaine. C’est là que l’acteur, humoriste et réalisateur s’est réfugié avec sa famille au début du confinement, en mars dernier. Il reviendra à Montréal dans quelques jours pour assister à la première de Mon cirque à moi et pour préparer un automne qui s’annonce très chargé. Huard prendra en effet les commandes de La Tour, le nouveau talk-show de TVA. 

« Pour être franc, je ne m’attendais pas à un automne comme ça, admet-il. Mais la vie nous réserve toujours des surprises. Ça faisait des années qu’on me proposait d’animer des talk-shows, mais là, je pense que le timing était bon. Je trouve ça le fun, à 51 ans, de continuer de trouver des façons de me mettre en danger », précise Patrick Huard. 


♦ Mon cirque à moi prend l’affiche le 14 août.