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Recycler l’asphalte pour avoir de meilleures routes?

TVA Nouvelles

Ce n’est pas un secret la qualité des routes au Québec laisse à désirer à de nombreux endroits. Si bien que le déficit d'entretien est évalué à environ 16 milliards de dollars.

Or, une technologie rarement utilisée dans la province, le recyclage d’asphalte à froid, pourrait-elle prolonger la durée de vie du réseau routier?

Ali Excavation, l'une des rares entreprises à l'utiliser, croit qu'on pourrait pratiquement doubler la durée de vie de nos routes si on l'utilisait davantage.

«On se plaint tout le temps que les routes sont pas belles. On a en une solution qui peut doubler la durée de vie», avance Marc-André Loiselle, président directeur général de l’entreprise.

En plus de corriger les multiples dégradations des rues comme l’orniérage, les fissurations et le décollement d’interface, le recyclage à froid de l’asphalte permettrait de produire une chaussée plus durable. C’est sans compter les avantages écologiques liés à la technique.

Le procédé consiste à enlever une couche de 100 millimètres sur une chaussée préalablement enduite d’une couche de ciment et de remélanger le tout pour créer le produit recyclé.

«Ce que ça fait, le ciment, c'est que ça vient donner une stabilité», explique M. Loiselle.

Le tout est par la suite compacté.

«L'étape connue, le compactage, étape très importante dans ce processus-là quand même. Car mieux on le compacte, plus longtemps il va durer. Donc, ça prend des bons rouleaux», dit Marc-André Loiselle.

Le hic par contre, c’est que bien que la technique soit plus rapide que la méthode traditionnelle, elle est aussi un peu plus coûteuse.

«On parle d'environ un 25% de plus de frais sur l'ensemble d'un projet», relate M. Loiselle.

Les investissements de Québec cette année sont de plus de trois milliards pour la réfection des routes. Reste à voir si ce sera rentable à long terme.

Ali Excavation, dont le chiffre d’affaires passera les 100 M$ cette année, effectuait vendredi sa dernière journée de recyclage.

«Il n'y a plus de contrats qui sont donnés. On est le 7 août. Il reste un paquet de belles journées à pouvoir recycler», se désole M. Loiselle. 

L’entreprise n’entend pas rester là. Elle souhaite s'asseoir prochainement avec le MTQ pour en discuter.