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Tarifs sur l'aluminium: les syndicats montent au créneau

Agence QMI

Une aluminerie en Colombie-Britannique.

AFP

Une aluminerie en Colombie-Britannique.

Au lendemain de l’annonce de surtaxe sur l’aluminium canadien, les syndicats du Canada ne digèrent toujours pas cette nouvelle rebuffade de Washington et demandent au gouvernement Trudeau de s’y opposer vigoureusement.

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Le Congrès du travail du Canada (CTC) estime que la mise en place de tarifs sur les exportations canadiennes d’aluminium va à l’encontre de l’esprit et de l’objectif du nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique.

En plus de mesures de représailles rapides, le président du Congrès du travail du Canada (CTC), Hassan Yussuff, estime que «le gouvernement canadien doit fournir un soutien aux travailleurs touchés en attendant de trouver une solution à ce litige».

Ce dernier a parlé d’un «un affront évident» et refusent que les travailleurs canadiens servent «d’accessoire à Donald Trump dans sa campagne de réélection.»

«Joué avec le feu»

Chez le Syndicat des Métallos, on réclame une plus grande rigueur dans la gestion des profits qui découleront des contre-mesures. On demande aussi plus de sérieux de la part des aluminiers, notamment un examen de conscience sur les volumes d’exportation de certains produits en pleine pandémie.

«Lors de la dernière période de litige commercial sur l’aluminium, le gouvernement canadien a recueilli plus d’un milliard de dollars en prélevant des tarifs douaniers sur des produits américains. Or, on n’a pas vu la couleur de cet argent revenir pour des investissements dans le secteur de l’aluminium au Québec», a souligné le directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux.

«On reconnaît toutefois que nos employeurs ont augmenté récemment les exportations vers les États-Unis pour certains produits bruts, alors qu’elles diminuaient pour d’autres produits à valeur ajoutée. Nos employeurs ont joué avec le feu, ils se brûlent maintenant. C’est déplorable qu’aujourd’hui, les travailleurs risquent d’en payer le prix», a ajouté le président de la section locale 9490 du Syndicat des Métallos, Sylvain Maltais, qui représente les 650 syndiqués de l’usine Alma de Rio Tinto.

Le milieu d’affaires a aussi réagi à cette décision de l’administration Trump d'imposer, dès le 16 août prochain, un tarif de 10 % sur les exportations canadiennes d'aluminium primaire non allié aux États-Unis.

Du côté de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), on estime comme d’autres qu’il s’agit de «mesures [...] à la fois injustifiées et inutiles [qui] auront un impact négatif sur les efforts considérables déployés pour restaurer nos économies respectives, qui vacillent en raison de la COVID-19 ».

La présidente-directrice générale de MEQ, Véronique Proulx, a rappelé que «l'aluminium est un élément clé d'innombrables produits manufacturés, et compte tenu de la profonde intégration des chaînes d'approvisionnement manufacturières, les tarifs douaniers feront augmenter les prix pour les consommateurs et rendront plus difficile notre relance économique collective».

Selon MEQ, l'industrie canadienne de l'aluminium emploie 10 000 travailleurs et le Canada constitue le plus grand fournisseur d'aluminium des États-Unis.