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Un locataire finalement expulsé après neuf mois de calvaire

Kevin Dupont | TVA Nouvelles

Un propriétaire de la Mauricie a vécu un véritable calvaire avec l’un de ses locataires, qui a laissé un appartement saccagé jeudi après avoir été contraint de quitter les lieux sous escorte policière.

L'individu en question n'avait pas payé son loyer depuis janvier dernier. 

«J'ai fait appel à la Régie du logement le 23 février. On m'a envoyé le jugement pendant le confinement, le 25 mars. Je n'ai pas pu procéder tout de suite à l'expulsion du locataire» explique François Renaud, le propriétaire du bâtiment.

Les propriétaires ont des droits, mais en temps de pandémie, il n’était pas facile de les faire respecter.

«L’année 2020 a été exceptionnelle! Pendant la pandémie, beaucoup d'audiences ont dû être reportées, ce qui a entraîné plusieurs retards jusqu'au mois de juin» analyse Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

Ces délais font en sorte que François Renaud a seulement pu entreprendre des procédures auprès d'un huissier le 20 juillet.

«Le locataire a même menacé l’huissier. Il est aussi venu chez moi, mais j'étais absent. Mes voisines ont appelé la police car il semblait agressif», raconte le propriétaire.

«On dirait de la crasse, c'est dégueulasse» 

L'équipe de TVA Nouvelles a pu constater les dégâts dans l'appartement laissé par le locataire indésirable.

«Il y a des graffitis sur les murs dans le sous-sol! Le locataire a même bouché avec du ruban adhésif les conduis de ventilation, imaginez l'odeur présentement», constate François Renaud.

Armoires arrachées, odeur d'urine et toilettes bouchées: il s’agit d’une situation inacceptable selon Carol-Ann Côté, coordonnatrice du Comité logement Trois-Rivières, un organisme qui défend les droits des locataires.

«Il y a certains locataires qui vont vouloir se faire justice en ne payant pas leur loyer et en mettant parfois le désordre en partant. On ne leur suggère absolument pas de faire ça!» a-t-elle insisté.

À la CORPIQ, on évalue à 6% les chances d'un propriétaire de se faire rembourser les frais pour remettre un logement dans l'ordre.

«Les propriétaires québécois sont probablement les moins protégés au monde là-dessus», dénonce Hans Brouillette.

Au lendemain de l’expulsion de son locataire mauvais payeur, François Renaud estime les dommages à 20 000 $.