/news/culture

«Chambre 212»: à nos amours passés

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Chiara Mastroianni et Benjamin Biolay se livrent à une thérapie de couple par ex interposés.

Écrit et réalisé par Christophe Honoré («Plaire, aimer et courir vite» en 2018), «Chambre 212» est un drame romantique, parfois délicieux, parfois un peu long, sur l’amour conjugal... ou non.

Tout débute lorsque Maria (Chiara Mastroianni) se fait prendre en flagrant délit par la petite amie d’Asdrubal (Harrison Arevalo), son étudiant, avec qui elle a une liaison depuis plusieurs mois. Arrivée chez elle, son mari, Richard (Benjamin Biolay), commence le souper. Et tombe sur son téléphone cellulaire, grâce auquel il apprend l’infidélité de sa femme.

Leur dialogue en est un de sourds. Elle considère son – puis ses – infidélité(s) comme tout à fait normale(s). Lui, fidèle depuis 20 ans, est abasourdi, sous le choc. Maria s’en va passer une nuit à l’hôtel, dans cette chambre 212 qui a donné son titre au long métrage de 86 minutes.

C’est là que Maria revoit Richard jeune (Vincent Lacoste). Richard revoit Irène (Camille Cottin à 35 ans et Carole Bouquet à 60 ans), son ancienne professeure de piano, qu’il a quittée pour épouser Maria. Maria se remémore Irène et Richard jeunes, revient au Richard plus âgé. Ensemble et séparément, ils revisitent leur mariage, leur vie. Leurs amours passées. Ils s’interrogent, se disputent, s’expliquent.

Certaines répliques sont belles («Peut-être que si tu ne m’aimes plus, c’est parce que j’ai pris trop de coups. Tu ne supportes plus de me voir comme ça», dit Richard à Maria). D’autres sont plus quelconques, comme la conversation qu’Irène tient avec elle-même.

L’exercice – parce que c’en est bien un – s’avère intellectuellement satisfaisant. En suivant la protagoniste principale, qui prône l’infidélité et ne cache pas son goût des jeunes hommes, le spectateur peut succomber à la tentation de revisiter sa vie, de se poser des questions, d’examiner son couple. Les notes d’humour apportent une fraîcheur bienvenue, et l’ensemble de la proposition, sans se hisser en tête d’un palmarès, demeure suffisamment original pour qu’on s’en souvienne.

Note : 3 sur 5