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Le fondateur de Juripop nie les allégations et entend se défendre

TVA Nouvelles

Le président fondateur de l’organisme Juripop, Me Marc-Antoine Cloutier, a remis sa démission vendredi après avoir été informé d’une allégation le concernant, mais le CA de la Clinique juridique n’a pas renvoyé son président sur le champ. 

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Selon les informations de TVA Nouvelles, la victime alléguée, qui désire garder l’anonymat, soutient que Marc-Antoine Cloutier aurait insisté pour avoir une relation sexuelle lors d’une soirée privée en 2015, à Montréal.

Selon nos informations, la victime alléguée s'est confiée en juillet dernier à la directrice générale de Juripop, Sophie Gagnon, qui aurait accueilli le témoignage avec beaucoup de sérieux. 

Or, malgré la dénonciation, Me Marc-Antoine Cloutier n'a pas été mis à la porte du conseil d'administration de Juripop, le temps qu'une enquête interne soit menée. Les administrateurs avaient convenu de le garder en poste jusqu'à la fin de son mandat, prévu le 1er octobre 2020. 

De son côté, la directrice générale de Juripop, Sophie Gagnon, confirme avoir reçu en juillet les informations de la victime alléguée. Mme Gagnon a demandé à la dénonciatrice son consentement afin qu'elle puisse prévenir le conseil d'administration de l'affaire. Ce dernier a été convoqué pour une assemblée extraordinaire. 

Rencontré par le CA, Marc-Antoine Cloutier a aussitôt nié les faits et n’a pas souhaité démissionner sur le champ. En vertu de la loi, le conseil d'administration n'aurait pas pu le forcer à démissionner, explique Mme Gagnon. 

«C'est important de savoir que la seule manière de faire en sorte qu'un administrateur quitte un conseil d'administration immédiatement, c'est s'il décide de son propre chef de démissionner. Me Cloutier niait les faits et refusait de démissionner immédiatement. Le seul processus qui aurait pu être enclenché par le conseil d'administration impliquait l'embauche d'un enquêteur externe et la mise en place d'une enquête qui aurait forcé la personne à la base des dénonciations de répéter son histoire, d'avoir à convaincre quelqu'un de sa crédibilité, ce qui n'était pas compatible avec notre mission mais aussi avec les intentions que la victime alléguée nous avait exprimées», précise-t-elle.

Me Cloutier voulait quitter ses fonctions en date du 1e octobre dans le but d'assurer une transition.

«C'est la raison pour laquelle la proposition de Me Cloutier de quitter ses fonctions en octobre était la solution qui permettait de mettre fin à son implication rapidement tout en évitant à la personne d'être revictimisée et de devoir passer au travers d'un processus qu'elle nous avait indiqué ne pas vouloir entreprendre.»

La directrice générale de Juripop a alors informé à la victime alléguée de la décision prise par le CA. D’abord soulagée, cette dernière s’est ravisée peu après, en avouant être déçue.

La victime alléguée soutient avoir «été en colère» tout en soulignant que «Juripop l’a laissée tomber». 

Toujours selon nos informations, la dénonciatrice est en réflexion avec ses avocats sur la prochaine étape à suivre. On ignore pour l'instant si une plainte sera logée à la police.

Une rencontre d’urgence réclamée         

Au lendemain de la démission précipitée de Marc-Antoine Cloutier, la vice-présidente de la Commission des finances publiques, Isabelle Melançon, réclame une rencontre d’urgence pour faire la lumière sur la gestion du conseil d’administration dans ce dossier.

«Je demande une rencontre d’urgence avec les membres du comité transpartisan sur l’accompagnement dans le système de justice des victimes de violences sexuelles, soit la ministre de la condition féminine, Isabelle Charest, la députée du Parti québécois, Véronique Hivon, et la député de Québec solidaire, Christine Labrie», peut-on lire dans un tweet de la députée de Verdun.

Cette dernière rappelle que l’organisme Juripop, qui offre un meilleur accès à l’aide juridique depuis 2009, a obtenu 2,6 M$ du gouvernement du Québec en décembre «afin d’offrir un service d’accompagnement et de conseils juridiques gratuits aux victimes de violences sexuelles».

Samedi, la ministre déléguée à l'Éducation, responsable du loisir et du sport et de la Condition féminine, Isabelle Charest, a annoncé qu'elle va convoquer une «rencontre avec ses collègues du Comité transpartisan sur l'accompagnement des victimes». 

Selon Mme Charest, l'organisme Juripop doit leur fournir des explications.

Me Cloutier, qui occupait le poste de président du conseil d’administration, a aussi fait savoir dans une déclaration officielle, publiée plus tard vendredi, qu’il niait ces allégations.

«Je n’ai rien à me reprocher et j’affirme avoir respecté le principe et la pratique du consentement et je continuerai de défendre ces valeurs qui me sont chères», a-t-il insisté, avant d’indiquer qu’il démissionnait pour protéger la réputation de l’organisme qu’il a fondé.

Des liens entre les deux protagonistes après 2015?        

Visé par cette dénonciation d'inconduite, l'avocat Marc-Antoine Cloutier entend maintenant se défendre.

Il veut prouver qu'il n'a jamais posé de geste sexuel non désiré.

Selon nos informations, la victime alléguée n'aurait pas rompu ses liens avec Me Cloutier après 2015, même si elle aurait déclaré le contraire à Juripop. 

TVA Nouvelles a consulté des textos et autres messages que la victime alléguée aurait fait parvenir à Me Cloutier. 

Un daté de 2016 où elle l'invite à sa fête et dit qu'elle l'aime et un autre en 2018 où elle dit vouloir prendre une photo avec lui pour célébrer les 10 ans d'amitié. 

Marc-Antoine Cloutier n'a pas voulu commenter.

-Avec les informations de Yves Poirier, TVA Nouvelles