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L’amiante toujours bien présent au Québec

Agence QMI

PHOTO COURTOISIE

Même si le Québec a cessé sa production d’amiante en 2012, certains règlements exigent toujours la présence de ce matériau, dont les effets néfastes sur la santé ont pourtant été maintes fois prouvés.

C’est ce que l’on peut lire dans un nouveau rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

On y apprend entre autres qu’un règlement de Québec datant de 2002 exige que les dépotoirs sur le long des routes soient entourés d’une clôture en amiante.

Il est aussi exigé aux travailleurs dans les fonderies de porter un équipement avec une composante d’amiantes.

«La réglementation québécoise devrait être révisée en vue d’une harmonisation avec le Règlement interdisant l’amiante et les produits contenant de l’amiante adopté par le Gouvernement du Canada en décembre 2018», suggère ce rapport paru vendredi.

Les auteurs demandent aussi à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) d’abaisser le seuil maximal d’exposition à l’amiante pour les travailleurs.

«Même si la CNESST est en processus de révision de ces valeurs depuis 2017, il n’y a encore aucun repositionnement. Dans ce contexte et considérant la toxicité de l’amiante, la valeur limite d’exposition des travailleurs devrait être abaissée à 0,1 f/cm3 dans les plus brefs délais, et ce, pour tous les types de fibres d’amiante, ce qui l’harmoniserait avec la norme fédérale», peut-on lire dans ce rapport commandé par le ministre de l’Environnement, Benoît Charette.

Ce dernier voulait un état des lieux sur la gestion de l’amiante et de ses résidus.

Avis favorable

Pour répondre à son mandat, la commission d’enquête du BAPE s’est déplacée à Thetford Mines et à Asbestos, deux villes québécoises qui doivent leur développement aux beaux jours de l’amiante avant que les premières contre-indications paraissent au début des années 80.

Aujourd’hui, sur les anciens sites d’extraction, différents projets pour revaloriser les résidus sont en discussion, que ce soit la végétalisation des haldes - là où s’accumulent les restes d’amiantes -, l’extraction des métaux qui s’y trouvent ou encore la destruction des résidus.

Dans tous les cas, le BAPE a fourni un avis favorable à ces avenues possibles, sous certaines conditions.

Pour s’assurer d’un développement responsable de ces initiatives, l’organisme demande au ministre de l’Environnement de créer une nouvelle entité administrative, qui aurait la tâche de faire le pont entre le ministère de la Santé, celui de l’Environnement et la CNESST.

Le rapport a par ailleurs réitéré que l’amiante était à l’origine de plusieurs maladies pulmonaires et de cancer, entre autres.

Au Québec, il y a encore plus de 800 millions de tonnes d’amiante inexploitées sur les anciens sites miniers de Thetford Mines, d’Asbestos et du Grand Nord.