/finance/homepage

Grève au Port de Montréal: inquiétudes chez les détaillants

Étienne Paré | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

À quelques heures d’un possible déclenchement de grève au Port de Montréal, les commerces de détail retenaient leur souffle dimanche, eux qui accumulent déjà des retards d’approvisionnement depuis deux semaines à cause des moyens de pression des débardeurs.

• À lire aussi: Ottawa sommé d’intervenir au Port de Montréal

• À lire aussi: Grève générale illimitée des débardeurs du Port de Montréal

Ces derniers, qui chargent et déchargent les navires qui accostent dans la métropole, menacent maintenant d’amorcer une grève générale illimitée sur le coup de 7 h, lundi, ce qui pourrait avoir encore plus de conséquences pour les détaillants.

«Si ça dure longtemps, il va falloir s’attendre à voir des étagères vides. À la quincaillerie, quand il y aura une rupture de stock, ce n’est pas le lendemain qu’on va en recevoir, c’est dans deux semaines», a illustré Jean-François Belleau, directeur des relations gouvernementales au Conseil canadien du commerce de détail.

Toutefois, même dans le pire des scénarios, le consommateur moyen ne verra pas de différence pour la plupart des denrées essentielles, qui sont produites en Amérique du Nord et qui ne nécessitent donc pas de transiter par le Port de Montréal.

C’est principalement en ce qui a trait aux importations européennes qu’une différence pourrait se faire sentir: les meubles, certains aliments, mais surtout les vins et les spiritueux.

«Au bout d'une ou deux semaines, c’est certain qu’il y a des produits qui seront en rupture de stock, mais on a des réserves pour faire face à ce genre de situation», a fait savoir Linda Bouchard, porte-parole de la Société des alcools du Québec.

Le Port pénalisé

Jean-François Belleau doute par contre que cette grève se répercute par des augmentations des coûts en magasin.

Selon lui, les grands détaillants n’ajusteront pas leurs prix à cause d’une situation vécue à Montréal; ils vont plutôt préférer réorganiser leur chaîne d’approvisionnement pour contourner la métropole.

«À la fin, ça va être le Port de Montréal le grand perdant. Une fois qu’on crée de nouvelles routes, on ne revient pas en arrière», a insisté le directeur des relations gouvernementales au Conseil canadien du commerce de détail.

Déjà, à cause des moyens de pression des dernières semaines et la menace de grève qui plane depuis vendredi, certains détaillants qui ont les moyens ont commencé à prévoir d’autres chemins via les autres ports d’Amérique du Nord, en misant sur le transport ferroviaire pour joindre le Québec.

«C’est un véritable casse-tête», a cependant fait savoir M. Belleau, qui espère que la situation se règle rapidement et qu’Ottawa intervienne pour rapprocher les deux parties.

Négociations en cours

Dimanche en début de soirée, le syndicat des débardeurs et l’Association des employeurs maritimes (AEM) étaient toujours à la table des négociations.

Ce n’est pas le salaire des employés, mais bien la question du temps de travail qui achoppe.

Même si la grève illimitée est déclenchée lundi telle qu’anticipée, certaines sections du port vont continuer de fonctionner, comme celles où on trouve les silos à grain et les biens destinés à Terre-Neuve.

Car le Port de Montréal est central pour tout l’est du Canada et le nord-est des États-Unis. Selon les chiffres d’AEM, il dessert 110 millions de consommateurs et génère des retombées de 13,4 milliards $.

Dans la même catégorie