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Mettre fin à l'exploitation sexuelle de mineurs au Québec

TVA Nouvelles

La Coalition Avenir Québec (CAQ) dirige depuis plusieurs mois une commission spéciale non partisane cherchant des pistes de solution pour enrayer l’exploitation sexuelles de mineurs dans la province.

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Le député de Vachon, Ian Lafrenière, préside la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs. Tandis qu’il entend les témoignages de jeunes victimes et de parents qui serviront aux recommandations ébauchées par 13 membres de tous les partis, l’ancien porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qualifie de «pathétique» ce fléau concernant tous et chacun, selon lui.

«De savoir présentement qu’au Québec, on est un endroit de prédilection, que Montréal est reconnu au Canada... J’ai fait quelques missions des côtés canadien et américain avec des collègues. D’entendre parler de Montréal comme une plaque tournante, d’entendre parler du fait que nos jeunes filles, que nos Québécoises sont en demande à la grandeur du Canada, ça me révolte», s’est désolé le député Lafrenière en entrevue sur les ondes de LCN, dimanche.

La commission a jusqu’ici entendu une soixantaine de groupes dans le cadre de 41 heures d’audiences. «Ce qu’on se rend compte, c’est que c’est une problématique qui est très, très complexe, dit l’adjoint parlementaire de la ministre de la Santé publique. Il n’y aura pas une seule solution pour régler tout ça. J’aimerais prendre le terme qu’un des groupes nous a expliqué, le parallèle que j’ai bien aimé : avec l’exploitation sexuelle, on devrait faire comme l’alcool au volant, c’est-à-dire de faire en sorte que ce soit un débat de société et que, comme société, on se dise que c’est inacceptable.»

«Je ne vous parle pas de prostitution. Je veux que ce soit bien, bien clair. Dans l’exploitation sexuelle, on parle d’hommes et de femmes qui payent pour coucher avec des enfants de 12, 13, 14 ans. Ce n’est vraiment pas le même débat, mais ça prend des ressources pour les jeunes, les victimes et les parents», des ressources pour l’instant difficiles à trouver, déplorent-ils, selon ce que rapporte Ian Lafrenière.

Emportée en deux semaines 

Insistant sur l’importance d’une sensibilisation globale à travers la province, le député du parti au pouvoir dresse un comparatif avec la série télévisée Fugueuse, qui raconte l’histoire d’une adolescente vite entraînée à son insu dans un monde d’exploitation sexuelle. Le membre de la CAQ a entendu le même genre d’histoire dans l’un des témoignages.

«Pour les parents qui se font l’image du recrutement qui se fait dans une gare d’autobus, dans un endroit glauque, ce n’est pas ça du tout, rappelle-t-il. Ça se passe chez nous. Pourquoi? Parce que nos enfants ont une tablette, un cellulaire et l’accès aux réseaux sociaux. C’est comme ça qu’on va chercher les personnes vulnérables. 

«Une mère est venue témoigner. En deux semaines, des gens mal intentionnés qui sont entrés en contact avec sa fille, qui a disparu en étant embarquée dans un monde prostitutionnel d’exploitation.»

La commission entendra des témoignages jusqu’au 24 août, après quoi elle établira ses recommandations pour tenter de faire un «vrai changement» au Québec.

D’ici là, Ian Lafrenière lance un appel à tous et prévient que la crise sanitaire n’a pas nécessairement ralenti l’exploitation sexuelle de mineurs. 

«Il faut tous se sentir concernés, [...] avoir ce réflexe de dire que ça ne fonctionne pas, que ce n’est pas normal. Un homme d’une trentaine d’années qui se présente avec une jeune de 14, 15 ans dans un hôtel, il y a des questions à se poser.»