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Affaire WE Charity: une occasion de resserrer les lois en matière d'éthique et de lobbyisme?

Émilie Bergeron | Agence QMI

PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

L’affaire WE Charity, qui éclabousse le gouvernement Trudeau depuis un mois et demi, devrait être l’occasion de rendre les lois et règles en matière d’éthique auxquelles doivent se plier les élus fédéraux beaucoup plus sévères.

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C’est en tout cas ce que croit le cofondateur de l’organisation Démocratie en surveillance, Duff Conacher, qui n’hésite pas à prendre le Québec en exemple en mentionnant que le montant maximal autorisé pour les dons à des formations politiques y est de 100$.

«Je crois que les sanctions devraient [équivaloir] à un an de salaire pour avoir contrevenu à ces règles fondamentales», a-t-il dit lundi en faisant allusion à la Loi sur les conflits d’intérêts, durant son témoignage devant le comité parlementaire de l’Éthique.

Ce comité des Communes, en plus de celui des Finances, se penche sur les répercussions de l’affaire d’apparence de conflits d’intérêts impliquant WE Charity, une organisation près de la famille du premier ministre Trudeau. La controverse a éclaté quand l’organisme s’est vu octroyer la gestion du programme de bourses de bénévolat étudiant, d’une valeur de 543 millions $, sans appels d’offres.

Durant sa comparution de lundi, M. Conacher a surtout insisté sur l’urgence, à ses yeux, que la Loi sur les conflits d’intérêts et la Loi sur le lobbying soient modernisées pour avoir plus de dents. Il a invité les parlementaires à proposer un projet de loi à cet effet dès cet automne, disant espérer que la pièce législative puisse être adoptée, ensuite, d’ici à la fin de l’année.

«Les Canadiens ont plus de chance de se faire prendre en stationnant leur voiture illégalement que des politiciens de se faire prendre en train de contrevenir à des lois fondamentales en matière d’éthique et de dépenses», a-t-il pesté.

Le comité des communes devait aussi entendre, lundi soir, le témoignage de l'ex-commissaire à l'Éthique, Mary Dawson, qui a attribué un blâme à Justin Trudeau pour son séjour sur l'île privée de l'Aga Khan. Sa comparution a toutefois été reportée en raison de problèmes techniques.

Rappelons que le successeur de Mme Dawson, Mario Dion, fait enquête sur l’affaire WE Charity et se penche tant sur la conduite de M. Trudeau que de son ministre des Finances, Bill Morneau. Ce dernier, qui a une fille travaillant pour WE Charity, a révélé que des frais de voyage d’une valeur de 41 000 $ avaient été payés par l’organisation en question. Il a remboursé cette impressionnante somme le jour même où il a dû témoigner en comité parlementaire.

Conservateurs et bloquistes demandent la démission de MM. Morneau et Trudeau depuis des semaines. Lundi, les néo-démocrates ont de leur côté demandé à la commissaire au lobbying, Nancy Bélanger, de se pencher sur cette affaire, à l’instar d’une demande qui avait déjà été formulée par les troupes d’Andrew Scheer.