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COVID-19: privé de ses proches alors qu’il se mourait

Jérémy Bernier | Journal de Montréal

Éric Comeau décédé CHSLD

Photo courtoisie

Pour les proches d’Éric Comeau, décédé le 21 juillet dernier, la pandémie est arrivée «au pire moment possible», l’obligeant à souffrir seul pendant plusieurs semaines dans une résidence de Québec. 

Le Journal avait assisté au dernier anniversaire de M. Comeau le 23 avril dernier, alors que des proches étaient venus le saluer depuis l’extérieur du Centre d’hébergement Charlesbourg, où il était hébergé en soins palliatifs.  

En avril dernier, Éric Comeau avait reçu la visite surprise de ses deux filles (à gauche), de sa belle-sœur, de son demi-frère, de ses deux nièces (au centre) et de sa conjointe (à droite), pour son anniversaire.

Photo d'archives, Agence QMI

En avril dernier, Éric Comeau avait reçu la visite surprise de ses deux filles (à gauche), de sa belle-sœur, de son demi-frère, de ses deux nièces (au centre) et de sa conjointe (à droite), pour son anniversaire.

Aux prises avec un cancer de l’estomac trop avancé, l’homme de 41 ans a finalement rendu l’âme le 21 juillet dernier, après avoir eu recours à l’aide à mourir. 

«Ça a été dur pour lui. Pendant un long moment, il ne pouvait voir personne et il voyait les gens mourir autour de lui. Il avait de grosses angoisses de partir sans pouvoir serrer ses proches dans ses bras», explique son grand ami et collègue Stéphane Thivierge, en entrevue avec Le Journal

Hors de l’ordinaire

Lorsqu’Éric Comeau est entré en soins palliatifs, le 6 mars dernier, les médecins ne lui donnaient que deux semaines à vivre.  

Lorsque la crise sanitaire a été déclarée, et pendant deux longs mois, le quadragénaire n’a pas été en mesure de voir sa famille ni ses amis autrement que par l’entremise d’une caméra. 

«Il m’a dit qu’il voulait vivre quelque chose de hors de l’ordinaire avant de mourir lorsqu’il est entré au CHSLD. Il ne se doutait pas que la COVID arrivait!», raconte sa conjointe, Katleen Turgeon.

«C’est arrivé au pire moment possible. Il pouvait mourir d’un jour à l’autre et je ne pouvais pas le voir, ni ses filles ni ses amis. Il a perdu huit semaines de beaux moments avec sa famille», déplore-t-elle. 

Fardeau

Heureusement, au mois de mai, les visites ont été progressivement autorisées à nouveau. Lorsqu’est venu le temps du dernier repos, six membres de sa famille ont pu lui tenir la main. 

«Il n’a jamais renoncé, c’était un battant. Mais il souffrait beaucoup à la fin et ne voulait pas être un fardeau pour ses proches», soutient son demi-frère, Dave Demers. 

Encore ébranlé, M. Demers espère maintenant être en mesure d’honorer adéquatement la mémoire de son demi-frère. Sa propre fille étant la filleule de M. Comeau, il aimerait qu’elle sache à quel point son parrain était un homme bon.   

«De penser que ma fille ne connaîtra pas son parrain, ça me fait quelque chose. Et encore aujourd’hui, je me demande comment je vais faire pour lui montrer l’homme qu’il était et les valeurs qu’il chérissait. Ça me frappe beaucoup», se désole-t-il.