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Il y a dix ans, The Suburbs propulsait Arcade Fire

Cédric Bélanger | Journal de Montréal

Les membres d’Arcade Fire n’en croyaient pas leurs yeux quand ils ont raflé le prix Grammy de l’album de l’année, en février 2011.

Photo Reuters

Les membres d’Arcade Fire n’en croyaient pas leurs yeux quand ils ont raflé le prix Grammy de l’album de l’année, en février 2011.

Ils savaient qu’ils avaient d’excellentes chansons entre les mains. N’empêche, quand les membres du collectif montréalais Arcade Fire ont lancé leur troisième album, The Suburbs, il y a eu dix ans la semaine dernière, jamais ils n’auraient pu imaginer que ce serait le point de départ d’une extraordinaire odyssée jusqu’au sommet de l’industrie musicale.

Qu’un groupe indie rock coiffe sur le fil des stars aussi populaires que Lady Antebellum, Eminem, Katy Perry et Lady Gaga, personne ne l’avait vu venir.

« Une vraie surprise », avait déclaré le musicien Will Butler, qui s’amusait de voir tous ces internautes confesser leur ignorance sur les réseaux sociaux. Mais qui sont donc ces gens de Montréal et de quel droit viennent-ils ravir un prix qu’on réservait jusque là à des artistes ayant obtenu un succès commercial ?

Les leaders du groupe, Win Butler et sa conjointe, Régine Chassagne, avaient même eu le tact de remercier les Québécois en français devant des millions de téléspectateurs américains, un geste qui avait cimenté les liens unissant Arcade Fire au Québec.

« Merci, Montréal, de nous avoir donné un domicile et un endroit pour devenir un groupe », avait déclaré Win Butler. 

« Nous avons sans doute vendu beaucoup moins d’albums que les autres nominés aux Grammys, alors pour nous, gagner, c’est assez fou », avait résumé son frère Will Butler, après la cérémonie.

Plus qu’un groupe indie

À bien des égards, The Suburbs aura fait passer Arcade Fire du statut de groupe culte de la scène indie, une réputation acquise grâce au succès remporté par les albums Funeral et Neon Bible, à celui de formation populaire mondialement reconnue.

Précédé par la sortie de la pièce-titre comme premier extrait, mais surtout par des performances remarquées au Festival d’été de Québec et au festival Osheaga, The Suburbs a fait fureur dès sa parution, le 2 août 2010.

À sa première semaine, il s’est classé au numéro un des ventes au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Récit de la vie d’adolescents banlieusards des frères Butler quand ils vivaient au Texas, The Suburbs a produit six singles, dont Ready To Start et Sprawl II.

À la fin de 2010, la plupart des publications spécialisées en musique avaient déjà placé très haut The Suburbs dans leur palmarès, certains en faisant même l’album de l’année, une vague qui avait déferlé jusqu’à la soirée des prix Grammy.

Autres prix 

Quelques jours après les Grammy, c’était au tour des Britanniques de lui remettre le prestigieux titre d’album de l’année aux Brit Awards. En deux semaines, l’album est passé de la 52e à la 12e position du Billboard 200.

Au pays, les Juno Awards et le prix Polaris ont emboîté le pas.

Arcade Fire venait d’écrire sa propre légende.  

  • The Suburbs n’est pas le seul album d’un artiste canadien à remporter le plus prestigieux prix de la soirée des Grammy. En 1997, Falling Into You, de Céline Dion, avait aussi mis la main sur le Grammy de l’album de l’année.