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Ce qui se dit sur les Canadiens en coulisses

Nicolas Cloutier | TVA Sports

Pierre McGuire est un homme branché comme il s’en trouve peu dans les cercles de la Ligue nationale de hockey (LNH). 

McGuire, qui a œuvré dans l’organisation des Penguins de Pittsburgh aux côtés de Scotty Bowman et piloté les Whalers de Hartford pendant une brève période, sévit à titre d’analyste depuis plus de 20 ans. 

Et selon ce qui ressort de ses conversations dans les coulisses, personne ne voit les Canadiens de Montréal comme de vulgaires imposteurs après leur victoire en quatre matchs dans leur série de qualification contre les Penguins de Pittsburgh. 

«Personne ne considère que c'est un coup de chance, a confié McGuire lors d’un entretien téléphonique avec le TVASports.ca. Plusieurs sont heureux pour les Canadiens. Je crois que ce qui a surpris beaucoup de gens est la constance de Ben Chiarot et de Brett Kulak. Ces gars-là en ont étonné plusieurs... et je dis ça de façon positive.» 

Au-delà de la contribution inespérée de ces deux défenseurs – et du brio des piliers que sont Carey Price et Shea Weber –, McGuire estime que la montée en puissance des jeunes Jesperi Kotkaniemi et Nick Suzuki au centre a fait la différence contre la bande de Sidney Crosby. 

«Ils ont permis [à Claude Julien] d’employer Phillip Danault dans un rôle principalement défensif, et Danault a eu un énorme impact», a noté celui qui analyse présentement les séries à Edmonton pour le réseau NBC. 

Il a longtemps été question des lacunes des Canadiens au centre au fil des dernières années, la principale faiblesse montrée du doigt alors que la 25e coupe Stanley se fait attendre. Et si ces problèmes étaient maintenant du passé et que le CH était en voie de posséder des munitions dignes d’une équipe prétendante à cette position? 

Suzuki, Kotkaniemi, Danault. Est-ce suffisant pour les années à venir?

«Je crois que oui», a répondu McGuire.  

«Suzuki, je crois qu’il a le potentiel de devenir un centre numéro un, a-t-il ajouté. Le travail d’un centre numéro un est de mettre des points au tableau au rythme d’un joueur d’élite et d’être le chef de file en avantage numérique. Je crois que Suzuki peut être ce genre de joueur. Tu dois produire 75 points ou plus par année pour être considéré comme un centre numéro un. J’estime qu’il peut le faire.» 

La carte Ryan Poehling  

Au premier tour des séries éliminatoires, les Canadiens feront à nouveau figure de grands négligés, eux qui ont rendez-vous avec les Flyers de la Philadelphie, l’équipe de l’heure dans la LNH. 

S’il concède que la profondeur des Flyers est supérieure à celle du CH sur papier, McGuire n’est pas prêt à écarter le Tricolore de facto. 

«Ils ont une chance légitime [de gagner], a-t-il affirmé. Quand tu as Carey Price, tu as une chance. Et Carey semble très, très confortable en ce moment. Pourvu que Weber reste en santé et que Carey joue comme il a joué contre Pittsburgh, je crois que les Canadiens ont une chance, et ce, peu importe leur adversaire.» 

L’analyste, qui prend part chaque année à beaucoup de diffusions des matchs des Flyers, prévient toutefois que le prochain adversaire des Canadiens préconise un style de jeu différent, plus robuste, qui pourrait leur donner plus d'ennuis que celui des Penguins. Des attaquants comme Scott Laughton et Nicolas Aubé-Kubel, par exemple, peuvent causer beaucoup de problèmes en fond de territoire. 

C’est pourquoi Ryan Poehling pourrait être appelé à jouer un rôle à un moment ou un autre dans cette série. 

«En raison de sa carrure, a expliqué McGuire. Les Flyers forment une équipe imposante. Ils ont davantage une mentalité de cols bleus [que les Penguins]. Ils aiment exercer de la pression en échec-avant. Ils placent la rondelle dans les coins et ils gagnent leurs batailles. Ils gagnent un bon nombre de bagarres dans l’enclave. Ils mettront beaucoup de pression sur les joueurs de centre et les défenseurs du CH.»

«Les Penguins marquaient beaucoup dans les situations de contre-attaque, ils voulaient utiliser leur vitesse et ça correspondait aux forces des Canadiens. C’est pourquoi, au fur et à mesure que la série avance, ils pourraient avoir besoin de Poehling.»

La variable Claude Giroux    

Ce qui sera très intéressant à surveiller lors du premier match de la série, mercredi à TVA Sports, c’est où Alain Vigneault décidera d’employer Claude Giroux. 

Le Franco-Ontarien peut évoluer tant à l’aile gauche qu’au centre. Cette saison, il a remporté 59% des 1123 mises au jeu auxquels il a pris part. 

En employant Giroux et Sean Couturier sur des trios différents, Vigneault compliquerait vraiment le travail de Julien sur le plan des confrontations. Contre Evgeni Malkin et Crosby, le CH avait sorti son épingle du jeu, mais les Flyers semblent compter sur quatre trios plus équilibrés. 

«Si j’étais l’entraîneur des Flyers, je séparerais Giroux et Couturier pour créer des confrontations vraiment défavorables aux Canadiens», a proposé McGuire.