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COVID-19: les sports de combat confiants d’obtenir le feu vert de la santé publique

Roby St-Gelais | Journal de Québec

Le regroupement des fédérations de sports de combat entrevoit les prochaines semaines avec optimisme à la suite de sa rencontre avec les autorités de la santé publique, mardi matin.

Les athlètes amateurs en boxe, judo, karaté, kickboxing, lutte olympique et taekwondo veulent reprendre l’entraînement avec contact en compagnie de partenaires, ce qui leur est présentement interdit en raison de la pandémie. Ils doivent se contenter d’entraînement en solitaire et sans contact depuis le 22 juin dernier.

La présidente de la Fédération de boxe olympique du Québec, Ariane Fortin-Brochu, et le président de Judo Québec, Patrick Kearney, ont dévoilé par visioconférence le plan de relance des six sports devant notamment le directeur de la santé publique, Horacio Arruda. Cette deuxième phase de déconfinement prévoit l’entraînement en cellule de quatre personnes avec contacts légers.

«Le fait que Dr Arruda était présent veut dire qu’il nous considère beaucoup, a mentionné la présidente de Boxe Québec en entrevue téléphonique avec Le Journal. On a eu une bonne écoute et ils ont vraiment compris les enjeux importants pour nous ainsi que l’urgence d’agir. On aura un retour dans les prochains jours, mais on était confiant que ça allait bouger.»

Ariane Fortin-Brochu et ses homologues estiment que leur protocole est sécuritaire et que le risque de contagion n’est pas plus élevé que dans les sports collectifs où les matchs réguliers sont autorisés depuis le 22 juin.

«Ça permet une gestion de risques responsable et relativement minimale [en bulle de quatre personnes] si on compare avec des équipes de 23 joueurs qui jouent le samedi contre une équipe et le dimanche contre une autre.»

Minuit moins une 

Parmi les enjeux évoqués figurent les précieuses inscriptions d’automne qui représentent une grande part du gâteau du nombre d’adhésions totales à ces organisations dans une année. L’impatience commence à se faire sentir chez les membres et le regroupement espère obtenir le feu vert d’ici le 1er septembre.

«Ce qui nous importe, c’est la survie de nos clubs. On sait que nos membres sont capables de respecter les règlements. Et un sport de combat sans combat, c’est comme un sport de raquette sans raquette», a imagé l’athlète olympique des Jeux de Rio en 2016.ENCADRÉCamille Estephan : «une bonne rencontre» avec la santé publique

Même s’il n’a pas obtenu l’aval de la Direction de la santé publique du Québec pour que la boxe professionnelle reprenne sans tarder ses activités, le promoteur Camille Estephan a bon espoir de pouvoir redémarrer la machine au cours des prochains jours.

Le président d’Eye of the Tiger Management (EOTTM), ses représentants légaux, le boxeur David Lemieux et la boxeuse Marie-Pier Houle ont fait valoir leurs arguments auprès du directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, lors d’une rencontre d’une soixantaine de minutes, mardi après-midi, dans les locaux du ministère de la Santé et des Services sociaux, à Québec.

À l’instar des athlètes amateurs en sports de combat, ceux de la boxe professionnelle doivent se limiter à l’entraînement en solo sans contact depuis le 22 juin, en plus de ne pas pouvoir se battre lors d’événements. Le promoteur a essuyé des refus pour l’organisation de galas professionnels dans les dernières semaines, mais au sortir de cette réunion, il affichait son optimisme.

«C’était une bonne rencontre. J’avais peur qu’on vienne ici pour la forme parce qu’il avait déjà dit non, mais on a apporté des éléments nouveaux qui, j’espère, ont plu au Dr Arruda et qui lui ont donné une paix d’esprit dans la gestion de ces risques. [...] Son attitude et ses réponses dans la réunion m’ont donné espoir. Mais je ne crie pas victoire encore», a lâché Estephan qui s’attend à une réponse d’ici cinq à six jours. Ajout de tests

Estephan a rappelé au directeur de la santé publique que tous les pays industrialisés ont donné leur accord au retour de la boxe professionnelle selon l’application d’un rigoureux protocole sanitaire. Les tests pour mieux retracer les personnes asymptomatiques ont été ajoutés au protocole de relance d’EOTTM.

«Le boxeur sera testé à 14 jours de l’événement, à 10 jours, à la pesée et avant le combat. Il ne peut pas être asymptomatique à travers ce laps et je pense que ç’a beaucoup plu au Dr Arruda», a expliqué l’homme d’affaires en mêlée de presse près de l’immeuble.

Pour lui, alors que tous les sports collectifs ont repris la pratique régulière et que les bars et les restaurants sont ouverts, il n’y a qu’un verdict possible de la part des autorités sanitaires.

Décision rapide 

«La seule et unique décision juste qu’il peut prendre, c’est de déconfiner la boxe», a tranché Estephan, qui advenant la réponse attendue, pourrait organiser un gala aussi tôt qu’à la mi-septembre quelque part dans la province. Ses projets pour une carte en Alberta sont toujours sur la table, mais il attendra de connaître l’orientation de Québec avant d’aller de l’avant.

L’ancien champion du monde David Lemieux (41-4-0, 34 K.-O.) a partagé la confiance de son promoteur tout en y apportant une touche personnelle.

«Chaque jour qui passe, c’est une journée de moins dans ma carrière. Il faut que la décision soit prise et que ce soit rapidement pour qu’on puisse passer à l’action très bientôt», a mentionné le pugiliste de 31 ans.