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La Cinémathèque québécoise de retour en force

Gabriel Beauchemin | Agence QMI

GABRIEL BEAUCHEMIN/24 HEURES/AGENCE QMI

Après avoir été coupée de son public pendant quelques mois, la Cinémathèque québécoise rouvre finalement ses portes aux cinéphiles et propose pour l’automne des expositions et des rétrospectives de grande envergure. 

Malgré le contexte exigeant dans lequel s’opère cette réouverture, la Cinémathèque québécoise ne fera pas les choses à moitié cet automne, elle qui a commencé à renouer avec son public le 3 août.

«Ce que les spectateurs veulent de la Cinémathèque, c’est qu’on respecte l’essence de notre travail, a indiqué d’emblée Marcel Jean, directeur général de la Cinémathèque québécoise. Et l’essence de notre travail, c’est vraiment la présentation du patrimoine cinématographique. Donc, ce qu’on a voulu faire pour l’automne, c’est de ne pas leur offrir une sous-programmation.»

En effet, quelques expositions consacrées à l’histoire du cinéma, allant de l’évolution des appareils optiques commerciaux aux vedettes du cinéma américain des années 50 et 60, sont actuellement en cours, et plusieurs rétrospectives sont prévues dans les prochains mois, notamment autour des cinéastes de renom Bong Joon-ho, réalisateur du film à succès sud-coréen «Parasite», et du réalisateur italien Frederico Fellini.

«C’est pour ça qu’on se retrouve avec Bong Joon-ho et Fellini comme tête d’affiche, c’est leur offrir ce que la Cinémathèque offre de mieux, peu importe le contexte», a poursuivi Marcel Jean.

À ces rétrospectives s’ajoutera celle entourant le réalisateur québécois Claude Gagnon. Quelques films du cinéaste Robert Morin, consacrés au thème du confinement et des huis clos, seront également présentés.

COVID-19

La pandémie de la Covid-19 et les contraintes sanitaires qu’elle apporte ont nécessité certains ajustements, sur le plan de la forme comme du contenu. La capacité des salles sera notamment réduite et la réservation en ligne est fortement recommandée.

«La Cinémathèque, ce qui la différencie dans ses activités publiques des cinémas ordinaires, c’est le fait qu’il y a énormément de séances où il y a des discussions avec des artisans ou encore avec des experts, a résumé Marcel Jean. Et c’est ce côté discussion là, ces échanges-là qui, pour l’instant, sont un peu sacrifiés et qu’on va être en mesure de ramener progressivement en septembre.»

«Ça a une incidence aussi sur le montage des expositions, a-t-il poursuivi. Par exemple, l’exposition d’affiches (consacrée aux célébrités des années 50 et 60), elle est au fond du foyer et ne déborde pas sur l’avant parce qu’on voulait garder de l’espace pour les spectateurs qui attendent de rentrer, donc pour qu’il n’y ait pas d’interférence entre les deux. On travaille avec ces contraintes-là, mais c’est plus stimulant qu’autre chose.»

Wikipédienne en résidence

Si l’institution cinématographique tend à demeurer relativement peu connue du grand public, c’est notamment parce qu’elle agit souvent dans l’ombre.

«Nous, notre mandat, c’est de préserver et de diffuser le patrimoine cinématographique, d’abord québécois et canadien, ensuite l’animation internationale, et finalement les œuvres marquantes du patrimoine mondial», a résumé le directeur général.

«Pour donner l’exemple le plus simple, mais le plus efficace, c’est ce qui fait qu’on a une "wikipédienne" en résidence, quelqu’un qui travaille à temps plein à améliorer la présence du cinéma québécois sur Wikipédia, a enchaîné Marcel Jean. Si vous faites une recherche sur Mireille Dansereau, sur Fernand Dansereau, sur Patrick Bouchard ou sur plein de cinéastes sur Wikipédia, ce que vous allez lire, ça vient de la Cinémathèque. On agit dans l’ombre parce que notre objectif premier ce n’est pas de se faire connaître ou de faire de l’argent, c’est de faire connaître le cinéma québécois. Si on participe à cette connaissance-là, c’est mission accomplie pour nous.»