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Crainte d'un bond du décrochage scolaire au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Agence QMI

La pandémie de COVID-19 et les contraintes qu'elle amène pèsent sur le moral des étudiants, au point où certains pourront tout simplement décider de ne pas retourner en classe cet automne, laisse entendre une étude.

«Déjà au printemps, nous observions que les jeunes ressentaient des impacts au niveau psychologique et une baisse de motivation», a expliqué Anne-Lise Minier coordonnatrice des communications du Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire (CRÉPAS), un organisme basé au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Or, entre les cours à distance et les mesures de distanciation sociale, plusieurs étudiants pourraient se laisser décourager. Selon une étude dévoilée par le CRÉPAS, 30 % des étudiants pourraient abandonne leurs études postsecondaires, tandis que le tiers des adolescents vivent une forme de détresse psychologique liée au confinement.

Ces données ne surprennent pas le directeur des études au cégep de Jonquière, Mario Julien, qui s'attend à une «rentrée très particulière».

«C’est sûr que ce sont des données qui inquiètent», a mentionné M. Julien, en soulignant avoir remarqué que les cours en classe sont cruciaux pour assurer la motivation des élèves.

«Il a un étudiant qui nous a dit "je reviens, car les cours sont en classe!" C’est pas rien! Nous avons donc organisé plus de cours dans notre établissement, tout en respectant les mesures de la santé publique; nous avons d’ailleurs remarqué une hausse des inscriptions à ce moment», a exprimé le directeur des études.

«C’est motivant de savoir que je vais pouvoir faire mes laboratoires en classe», a d'ailleurs indiqué Cloé Hudon, une étudiante au cégep de Jonquière.

Pour Odélie Plourde, qui entame sa première année à l'université, la rentrée s'annonce cependant un peu décevante.

«Je reste positive, j'aime m'impliquer, mais cette année, je vais devoir rester dans mon appartement et faire mes cours en ligne», a-t-elle expliqué.

Le CRÉPAS juge que le soutien des parents sera nécessaire pour prévenir le décrochage scolaire.

«Les parents jouent un rôle crucial. Ils peuvent tout simplement écouter et être présents et ça peut faire une grande différence», a expliqué Anne-Lise Minier.

Les employeurs également ont un rôle à jouer. «Certains élèves pourraient être tentés de privilégier leur travail à l’école, mais les employeurs doivent encourager les jeunes à avoir cette qualification, c’est important», a ajouté Mme Minier.

- Avec les informations d'Éliane Pilote, TVA Nouvelles