/news/culture

Journée «J’achète un livre québécois»: Sept livres québécois à lire ou à relire

Agence QMI

Open book on a wooden table in a garden. Sunny summer day, reading in a vacation concept

Sensay - stock.adobe.com

Tous les ans depuis 2014, le 12 août est un moment pour célébrer la littérature de notre Belle Province puisque c’est la journée «J’achète un livre québécois». Afin de vous aider à choisir le livre sur lequel jeter votre dévolu, les journalistes du 24 Heures vous présentent leurs coups de cœur. Bonne lecture!

Kuei, je te salue : conversation sur le racisme 

Par Denis Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine. 

Éditions Écosociété, (2016) 

160 pages 

Ce livre fait maintenant partie de mes incontournables littéraires... surtout lors des soupers de famille. 

«Kuei, je te salue» est une conversation littéraire sous forme de lettres entre la poète innue Natasha Kanapé Fontaine et le romancier québéco-américain Deni Ellis Béchard. 

Les deux auteurs analysent et déconstruisent différentes formes de racisme dans un dialogue s’inspirant de leur propre vécu. On y aborde des enjeux tels que la réconciliation, notre relation avec les peuples autochtones et la ségrégation aux États-Unis, le tout avec finesse et poésie. 

Cet échange fluide, franc et sans prétention m’a beaucoup appris. J’ai été séduite par l’authenticité du parcours des deux auteurs qui prend tout son sens 30 ans après la Crise d’Oka et dans la foulée du mouvement Black Lives Matter... 

- Gabrielle Morin-Lefebvre, 24h 

Ceci n’est pas une histoire de dragons

Par Mathieu Handfield 

Éditions de Ta Mère (2010, réédition en 2020) 

244 pages 

Une ville transfigurée, des citoyens frappés de graves dépressions, des disparitions plus que mystérieuses et surtout rien qui se rapproche, de près ou de loin, à des histoires de dragons: voilà ce qui résume bien ce roman de Mathieu Handfield. 

Au centre du récit, Napoléon McDougall, un jeune homme de six pieds quatre qui en a marre de ce monde conçu pour des humains plus petits que lui. Il adore d’ailleurs détester son patron, un homme pas très grand qui semble avoir tout pour lui et qu’il surnomme Cul-de-panda. 

Ironiquement, une rencontre explosive avec un nain qui dirige une grande entreprise changera le cours de la vie de Napoléon. 

«Ceci n’est pas une histoire de dragons» a initialement été publié en 2010, et Les Éditions de Ta Mère ont fait paraître une nouvelle édition cette année pour souligner les 10 ans de ce tout premier roman de l’auteur également réalisateur et comédien. 

- Léa Papineau Robichaud, 24h 

La Géographie du bonheur 

Par Véronique Marcotte 

Éditions Québec Amérique (2020) 

256 pages 

L’autrice québécoise Véronique Marcotte nous transporte au cœur d’une histoire déchirante, mais remplie d’espoir dans «La Géographie du bonheur». 

Avec des thèmes comme le suicide, le deuil, l’amour et le bonheur, la romancière fignole, avec sa plume, un récit qui met en scène le personnage de Jaco. Ce dernier découvre après la mort de sa femme Marine qu’elle avait mis au monde une fillette dénommée Clara, en Haïti, 14 ans plus tôt. 

Jaco quitte ainsi la métropole pour s’envoler vers la Perle des Antilles, afin de connaître Clara et de lui donner l’héritage qui lui est dû. Là-bas, il fait également la connaissance de Madame V, une écrivaine québécoise... 

L’humanité décrite au fil des pages de «La Géographie du bonheur» nous fait simplement croire en un avenir plus lumineux. 

- Anne-Lovely Etienne, 24h 

On peut plus rien dire - Le militantisme à l’ère des réseaux sociaux 

Par Judith Lussier 

Éditions Cardinal (2019) 

224 pages 

Dans son essai «On ne peut plus rien dire – Le militantisme à l’ère des réseaux sociaux», l’autrice, animatrice et chroniqueuse Judith Lussier met de l’avant ses postures de gauche tout en livrant un contenu empreint de justesse. 

L’autrice y parcourt le lexique féministe, révolutionnaire et militant, en présentait des enjeux actuels tout en faisant des liens avec l’histoire. 

On peut par exemple y lire les définitions des mots populaires qui ont récemment fait les manchettes, comme «Black Lives Matter», «culture du viol» ou encore «appropriation culturelle». 

Une lecture recommandée aux personnes sensibles à la justice sociale en ces temps de changements. Prenez soin de garder le bouquin à porter de la main pour y relire un passage. 

-Camille Lalancette, 24h 

Anna et l’enfant-vieillard 

Par Francine Ruel 

Éditions Libre Expression (2019) 

224 pages 

Lorsque l'on ouvre ce livre de Francine Ruel, il est presque impossible de le déposer avant d’arriver à la fin. Le lecteur se fait happer dans l’univers d’une mère qui tente de soutenir son enfant qui vit dans la rue. L’histoire, inspirée de la vie de l’écrivaine, ne laisse personne indifférent. 

Le lecteur est confronté à une situation inconfortable dans laquelle l’amour et l’impuissance de la mère se mêlent. 

Ce récit dépeint la réalité de l'itinérance de façon lucide et sensible. Impossible de rester insensible devant ce récit écrit d’une main de maître par Francine Ruel. 

- Béatrice Roy-Brunet, 24h 

Ce qu'on respire sur Tatouine 

Par Jean-Christophe Réhel 

Éditions Del Busso (2018) 

288 pages 

Si vous êtes un admirateur de «Star Wars», vous allez peut-être développer des affinités avec ce livre... 

Le narrateur, atteint de fibrose kystique et dont on ne connaîtra jamais le nom, y raconte son quotidien monotone dans un humour ironique, incisif et noir. 

À 31 ans, vivant à Repentigny, il enfile les emplois, écrit de «mauvais» poèmes et n’a jamais vraiment eu la chance de s’épanouir dans la vie. 

Il essaie de trouver un sens à son existence, et désire se réfugier sur Tatouine, une planète mythique de «Star Wars» où il n'aurait pas besoin de travailler. 

Dans cet ouvrage sans chapitre, on s’attache à un quotidien plus que banal, un peu comme si c’était un journal intime. L’auteur rend hommage à la normalité des choses, un univers où l’on peut sans aucun doute tous trouver des atomes crochus. 

- Guillaume Cyr, 24h 

Hivernages

Par Maude Deschênes-Pradet 

Éditions XYZ (2017) 

182 pages 

Il s’agit d’un hiver qui ne finit pas. Maude Deschênes-Pradet nous transporte dans un univers post-apocalyptique à travers lequel les saisons ont arrêté de se succéder pour ne laisser derrière elles que le froid, les grands vents, les aurores boréales et quelques personnages dont la solitude et les peines n’ont d’égal que le feu qui les porte. Ici, la résilience est reine. 

On tombe tout particulièrement sous le charme de cette plume qui sait si bien marier force et délicatesse. 

*Pour l’anecdote, je me suis procuré le roman «Hivernages» sous la recommandation d’un libraire passionné à pareille date l’an dernier. Comme quoi cette journée «J’achète un livre québécois», lorsqu’elle est guidée par une douce soif d’aventure, peut mener à de belles découvertes. 

- Gabriel Beauchemin, 24h