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«La ruelle côté jardin»: des étudiants mettent la main à la terre

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

COURTOISIE

L’industrie culturelle paralysée pendant le confinement, les finissants de l’École des médias de l’UQAM n’ont pu dégoter des stages en télévision comme l’exige l’institution à la fin de leur formation. Mais il fallait plus qu’une pandémie pour estomper leur envie d’apprendre!

Dans les circonstances, habituée d’embaucher chaque année des talents fraîchement diplômés de l’UQAM, la productrice Guylaine Maroist, de La Ruelle Films (une boîte spécialisée dans la fabrication de documentaires), a pris la cohorte d’une vingtaine d’étudiants sous son aile et a eu l’idée de concevoir avec eux un tutoriel sur l’agriculture urbaine, thème en vogue pendant le confinement.

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Réalisé en quelques semaines à peine au début de l’été, le projet a pris la forme d’une websérie documentaire de sept épisodes, «La ruelle côté jardin», qu’on peut visionner à compter de ce jeudi, 13 août, sur le site web de TVA (TVA.ca).

Revenir à l’essentiel

L’attachante Catherine Barrette, nouvelle Montréalaise du quartier Rosemont, est le visage principal des épisodes de sept à huit minutes. Elle est notre guide dans cette sympathique démystification de la culture des fruits et légumes, du choix des semences à l’entretien des plants. La jeune femme est appuyée dans ses découvertes par différents experts, dont une représentante des Fermes Lufa et Carole Facal, ex-membre de Dobacaracol et jardinière aguerrie.

À la fin, son œuvre se retrouve entre les mains du chef Hugo St-Jacques, qui mitonne quelques plats appétissants avec les récoltes, dont un macaroni au pesto, réinvention du célèbre Kraft Dinner souvent prisé chez les étudiants. Des organismes communautaires hériteront aussi des trésors du potager de Catherine pour venir en aide aux gens dans le besoin.

Alex Proteau/Agence QMI

Pourquoi choisir de traiter du jardinage plutôt que de la confection du pain ou autre activité populaire pendant que le Québec était sur pause? Guylaine Maroist évoque le retour à l’essentiel prôné par «La ruelle côté jardin».

«Au début du confinement, on nous parlait de fermer les frontières et d’autonomie alimentaire, expose la productrice. Comme dans les années 1970, avec le mouvement hippie, le confinement nous a portés à faire un retour à la terre, en ville, dans nos cours et sur nos balcons. Il n’y a jamais eu autant de balcons fleuris avec des plants de tomates! Les pépinières nous ont dit que leurs profits de toute une année avaient été faits en trois semaines, cette année.»

Prêts et outillés

Ainsi, même si la COVID-19 a momentanément freiné leurs possibilités d’entrer rapidement dans une maison de production professionnelle, les jeunes artisans de l’UQAM ont quand même avancé à vitesse grand V dans leur fin de scolarité grâce à «La ruelle côté jardin».

Car, au lieu de se soumettre aux tâches cléricales souvent attribuées aux stagiaires, comme servir le café aux producteurs ou rédiger des rapports de recherche, ils ont élaboré une production bien à eux, de A à Z, en traversant toutes les étapes: coordination, recherche, scénarisation, habillage visuel, montage sonore, etc. Le tout, dans le respect des règles sanitaires, avec des réunions en plein air pour mener à bien leur entreprise.

Alex Proteau/Agence QMI

«Ils ont occupé tous les postes. Ils sont vraiment prêts pour le marché du travail», atteste Guylaine Maroist, qui qualifie ses poulains de «volontaires et passionnés».

«Ce sont des jeunes qui sont allés voir des jeunes qui s’intéressent à l’agriculture urbaine. Les plus beaux fruits de notre jardin, ce sont nos étudiants, intelligents et débrouillards.»

La websérie «La ruelle côté jardin» peut être intégralement visionnée en exclusivité sur TVA.ca dès le jeudi 13 août.

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