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Aide aux PME: 2 millions $ dorment dans les coffres de la Ville

Elsa Iskander | Agence QMI

rue St-Denis

Photo Chantal Poirier

Un seul des 3 millions $ que la Ville de Montréal a prévu pour les PME affectées par la pandémie a été dépensé jusqu’à présent et 82 commerces ont bénéficié d’une subvention.

Depuis juin dernier, les PME montréalaises peuvent obtenir jusqu’à 10 000 $ via le Fonds de consolidation des activités commerciales, afin d’adapter leurs locaux ou de créer une boutique en ligne, par exemple.

Jeudi, Luc Rabouin, élu responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville, a invité les entreprises admissibles à s’en prévaloir.

«C’est un baume, ça nous a aidés beaucoup», a témoigné Maud Gaudreau, propriétaire de la chocolaterie État de choc sur le boulevard Saint-Laurent, qui a reçu cette aide de 10 000 $.

«Je pense que ça va bien aller pour l’automne, on peut sortir la tête de l’eau, on peut respirer», a-t-elle ajouté.

Elle appréhende toutefois le paiement des taxes municipales en septembre, espérant un nouveau report de la date butoir. Cette option a été écartée par M. Rabouin, qui explique que la Ville a ses propres défis financiers.

«Les taxes ne sont pas un problème, je trouve ça normal», a pour sa part commenté Amélie Jean-Louis, copropriétaire du Salon Manga O-Taku. Grâce à la subvention de la Ville, la librairie spécialisée située sur la rue Saint-Denis a pu faire plusieurs activités en ligne pour fidéliser la clientèle, fait valoir Mme Jean-Louis.

La situation économique reste «extrêmement difficile», selon M. Rabouin. «C’est pas parce que les gens sont autorisés d’aller dans les commerces qu’ils y sont. Les gens ont encore des craintes par rapport à la COVID-19. On pense que l’obligation du port du masque donne de la confiance», a poursuivi l’élu de Projet Montréal.

«L’hécatombe annoncée n’est pas arrivée, mais ça ne veut pas dire qu’on est sorti du bois.»

Mieux publiciser

Selon Aref Salem, porte-parole en développement économique du parti Ensemble Montréal, la Ville doit mieux faire connaître ces subventions.

«Il y a un problème de communication (...). On ne peut pas continuer à rester dans nos bureaux et attendre que les gens viennent frapper à la porte.»

Plusieurs commerçants sur le boulevard Saint-Laurent n’étaient pas au courant de l’existence de ces subventions lors du passage du «24 Heures» jeudi. Bien au fait des prêts d’urgence gouvernementaux, Christine Thompson, qui travaille au restaurant COOP Le Cagibi sur le boulevard, ne connaissait pas la subvention montréalaise. Un meilleur effort de communication serait bienvenu, selon elle.

Simon Lamy, chargé de projet chez Enseignes et Lettrage Robert, n’était pas familier non plus avec cette subvention. L’aide gouvernementale a suffi selon lui; malgré les effets ressentis de la pandémie, le commerce s'en tire bien. «On n’avait pas besoin de plus, et c’est de la "job" faire des demandes de subventions.»

Le disquaire La fin du vinyle s’en sort bien malgré la pandémie, selon son propriétaire Daniel Hadley. Cette subvention de la Ville n’est pas utile pour lui: excepté un panneau en plexiglas devant la caisse, peu d’adaptations s’imposent.