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Chassée d’un magasin avec son fils de 2 ans non masqué

Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

Des mères de famille déplorent le zèle de certains commerçants qui leur ont refusé l’accès ces derniers jours parce que leur bambin ne portait pas de masque.

« Est-ce qu’on en est vraiment arrivés là ? » demande Natalie Dick, qui s’est fait mettre à la porte d’une épicerie d’aliments biologiques de Montréal parce que son garçonnet n’avait pas de couvre-visage.

« Sur le coup, j’ai été vraiment surprise et fâchée, dit-elle, d’autant plus qu’elle avait pris soin de désinfecter les mains de son enfant à l’entrée. Je n’arrêtais pas de répéter : “il n’a que 2 ans” ! »

Pas obligatoire 

Eva Gabizon a vécu une situation similaire dans un commerce de détail de Côte-Saint-Luc, sur l’île de Montréal, une des premières villes au pays à avoir rendu le port du masque obligatoire dans les lieux fermés.

« Une femme à l’entrée m’a dit qu’on ne pouvait pas entrer parce que mon fils de 3 ans ne portait pas le masque », relate-t-elle.

Bien que recommandé, le port du masque dans les endroits publics et les transports en commun n’est pas requis pour les plus jeunes enfants, indique-t-on au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Mauvaise compréhension 

Un commerçant a néanmoins le droit d’appliquer des règles plus strictes que celles prévues, précise-t-on, estimant toutefois que de telles situations résultent probablement d’une mauvaise compréhension des mesures en vigueur.

« Le couvre-visage n’est pas obligatoire pour les moins de 12 ans (10 ans à compter du 24 août) en raison des connaissances actuelles sur la transmission du virus, qui montrent que les enfants sont moins susceptibles que les adultes de transmettre le virus », explique la porte-parole du ministère, Marie-Claude Lacasse.

Il est difficile pour une enfant de 2 ou 3 ans de porter le couvre-visage de façon adéquate, notamment sans se toucher le visage, note-t-elle.

« Il y a une raison pour laquelle on ne met pas de masque à un enfant aussi jeune ! », insiste d’ailleurs Mme Dick, en référant à l’âge minimum imposé par le gouvernement.

Un avis que partage Karon Vaus, mère monoparentale de Montréal, qui s’est vu interdire l’entrée dans un magasin, car ses enfants de 7 et de 9 ans ne portaient pas de couvre-visage.

« Je comprends la loi, je suis d’accord avec le port du masque. Mais ne pas pouvoir acheter des choses quand t’en as besoin, et que tu limites déjà tes sorties, c’est frustrant », témoigne celle qui souffre d’asthme.

Elle ajoute qu’elle ne pouvait pas laisser les enfants sans surveillance dans la voiture, le temps de faire ses courses.

Incohérence 

Malgré leur mésaventure, les trois mères insistent sur l’importance du masque, tout en soulignant l’incohérence de l’imposer à un bambin.

« Tout est nouveau. Les gens sont confus avec toutes ces nouvelles restrictions », reconnaît Natalie Dick.

À compter du 24 août, l’âge minimum sera abaissé à 10 ans. En plus des transports en commun et des lieux publics fermés, le masque sera aussi obligatoire dans les écoles, à partir de la 5e année.