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L'entraîneur-chef des Canadiens de Montréal Claude Julien hospitalisé

Jean-François Chaumont | Agence QMI

Le Canadien a perdu le capitaine de son navire. Transporté dans un hôpital de Toronto dans la nuit de mercredi à jeudi en raison d’une douleur à la poitrine, Claude Julien ne pourra plus assumer ses responsabilités d’entraîneur-chef pour le reste de la série contre les Flyers de Philadelphie.

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Marc Bergevin en a fait l’annonce quelques heures après l’entraînement du CH, jeudi, à Toronto.

«Je suis ici pour vous informer d’une situation qui explique l’absence de notre entraîneur, Claude Julien, à l’entraînement ce matin, a déclaré Bergevin en faisant la lecture d’une déclaration lors d’une visioconférence à partir de l’hôtel Royal York. Claude a ressenti des douleurs à la poitrine pendant la nuit. Nous avons immédiatement consulté nos médecins et nous avons convenu de le transporter à l’hôpital par ambulance. Il a subi des tests pour connaître la nature de sa condition. Cette situation n’a rien à voir avec la COVID-19. Nous ne prévoyons pas le revoir avant la fin de la série contre les Flyers.»

«Kirk [Muller], Dominique [Ducharme] et Luke [Richardson] se partageront les tâches de Claude. Kirk est un entraîneur associé et il s’occupera du rôle d’entraîneur-chef jusqu’au retour de Claude. Nous comprenons que Kirk ne parle pas français, mais il s’agit d’une situation exceptionnelle.»

Entre bonnes mains 

Après la déclaration formelle pour expliquer la situation, Bergevin a répondu aux questions des journalistes en compagnie du capitaine de l’équipe, Shea Weber.

Au-delà des résultats ou de l’impact de la perte de Julien, il y a surtout l’aspect humain. On percevait un brin de nervosité dans la voix de Bergevin.

Julien n’est pas dans une situation critique à l’hôpital, mais il y restera encore quelque temps en observation.

«En ce moment, Claude est entre bonnes mains, a mentionné le DG. J’ai reçu un appel très tôt ce matin de David Mulder. Je n’ai pas pu retourner me coucher après ça. Il y a toujours de l’inquiétude, mais de savoir qu’il est entre bonnes mains, c’est rassurant. On souhaite le mieux pour lui. Sur le coup, j’étais sous le choc et inquiet, mais après avoir parlé à Dr Mulder, il avait de bonnes nouvelles. »

Confiance aux adjoints 

Sur le plan hockey, Bergevin a bon espoir de rester dans le coup face aux Flyers malgré la perte de son principal stratège.

«Depuis notre arrivée à Toronto, Claude travaille de près avec ses adjoints. Quand tu regardes notre série contre Pittsburgh et le premier match contre les Flyers, c’est le signe d’une équipe qui est prête. Nous manquerons Claude, mais nos trois entraîneurs ont de l’expérience comme entraîneurs en chef : Kirk en Caroline, Luke à Binghamton [Ligue américaine] et "Dom" avec Équipe Canada [Mondial junior]. On sera prêts.»

«J’ai rencontré nos entraîneurs ce matin, a enchaîné Bergevin. J’ai confiance en eux. Ce ne sont pas les entraîneurs qui ont battu Pittsburgh, ce sont les joueurs. Nous miserons sur le même groupe. Mercredi, on était peut-être nerveux dans les 20 premières minutes, mais on a retrouvé nos sens après ça. Nous avons travaillé très fort. On a surpris beaucoup de monde contre Pittsburgh et je m’attends à ce que ça continue.»

Gagner pour Claude 

Malgré la perte d’une voix importante en Julien, Weber ne deviendra pas plus loquace au cours des prochains jours. Il restera le même capitaine.

«Je ne crois pas que ça changera, a-t-il répondu. Les autres entraîneurs connaissent le système. Mon rôle ne changera pas. Nous voudrons travailler de la même façon.»

Weber pourrait toutefois frapper sur le clou des émotions pour rallier encore plus ses coéquipiers. Sans parler d’un slogan, on peut devenir que le CH cherchera à gagner pour Claude.

«Il y a toujours un facteur émotif, a précisé Weber. Comme Marc a dit, c’est surtout un choc. La plus grande inquiétude reste la santé de Claude. Mais il n’y a pas de doute que nous pourrions utiliser ça comme une motivation. Nous sommes déjà motivés, mais nous le serons encore plus.»

- En sortant de l’hôtel et de la zone sécurisée, Julien devra passer une quarantaine advenant un retour avec l’équipe. Selon les règles de la Ligue nationale, il aurait besoin de passer sept jours en quarantaine et de subir quatre tests négatifs à la COVID-19. Mais on reste encore loin de ce possible scénario.