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Distanciation physique: coupable d’avoir agressé un homme

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Le jeune Montréalais qui a poignardé un homme à la suite d’une dispute sur la distanciation sociale, dans un autobus, a finalement plaidé coupable, jeudi, ce qui pourrait lui valoir environ deux ans d’incarcération. 

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«Oui», a simplement répondu Emmanovic Gourdet quand on lui a demandé s’il avouait ses torts, jeudi, au palais de justice de Montréal.

Gourdet, 20 ans, avait commis son crime en mai dernier, alors que le masque n’était pas obligatoire dans les transports en commun, mais plutôt «fortement recommandé». En montant dans l’autobus sans masque, il s’était un peu trop approché d’un autre homme, qui lui avait demandé de respecter la distanciation sociale.

Une dispute a éclaté et, en descendant du bus, Gourdet a poignardé sa victime à cinq reprises au haut du corps, avant de prendre la fuite. On ne sait pas exactement si la victime s'était elle aussi montrée agressive, mais la légitime défense n’aurait pu être invoquée, a concédé Me Andrew Nader, de la défense.

«La victime a été transportée à l’hôpital, où l’on a craint pour sa vie, mais elle s’est, depuis, rétablie», a expliqué le procureur de la Couronne, Me Patrick Lafrenière, jeudi.

Des caméras de surveillance ont permis aux policiers d'avoir une description du suspect, qui portait un ensemble de jogging de marque Kappa. C’est grâce à cette tenue que des policiers ont pu le reconnaître, lors d’une patrouille, trois semaines plus tard. Gourdet était alors en train de vendre de la drogue.

«Il a reconnu être l’individu. Lors de son arrestation, les policiers ont trouvé sur lui un couteau, trois cellulaires et une série de stupéfiants [principalement de la métamphétamine]», a expliqué la Couronne.

Détenu depuis juin, Gourdet devait subir jeudi son enquête sur remise en liberté. Il a plutôt plaidé coupable d’agression armée, de voies de fait causant des lésions et de possession de drogue en vue d’en faire le trafic.

D’ici les observations sur la peine, qui doivent avoir lieu en novembre, il a quand même été libéré sous caution. Il doit cependant respecter un couvre-feu. L’accusé, qui suit actuellement une formation en coiffure, devra également rencontrer un agent de probation qui tentera de comprendre pourquoi il a agi de façon aussi violente. «Quant à moi, ça mérite assurément une peine de pénitencier [donc de plus de deux ans]», a affirmé la Couronne.

Me Nader, de la défense, n’a pas dit quelle peine il compte suggérer.

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