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Les victimes de la pyrrhotite reçoivent 210 millions $

Amélie St-Yves | TVA Nouvelles

Plus de 850 familles victimes de la pyrrhotite en Mauricie ont commencé à recevoir leurs chèques totalisant 210 millions $, après plus de 10 ans de bataille judiciaire.

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Yvon Parenteau déteste aller vérifier s’il a du courrier. Pourtant, le retraité y allait chaque jour depuis deux semaines, sachant que les chèques allaient être envoyés au début du mois d’août.

Il a sursauté de joie mercredi. Il tenait enfin son chèque dans ses mains.

«Je n’y croyais pas, ça se concrétisait. Je suis revenu en marchant vers la maison les "baguettes en l’air". J’avais beau brandir les bras aussi haut que je pouvais, mais comme ma conjointe connaît un peu mon côté farceur, elle s’est dit que je lui jouais un tour», a-t-il raconté à TVA Nouvelles.

«Après 11 ans, c’est une joie!», a complété sa conjointe Rolande Lambert.

Les 857 familles représentées au procès sont dédommagées de 233 M$, payés le 3 août dernier à 84,5% (197M$) par la firme SNC-Lavalin, qui avait autorisé l'utilisation de béton contaminé pour la construction de leurs maisons, et qui a d’ailleurs entrepris les démarches judiciaires visant à récupérer cette somme de ses assureurs.

Fondations craquées 

La pyrrhotite est un minerai qui s’est retrouvé dans les fondations de milliers de maisons de la Mauricie, surtout à Trois-Rivières. Il gonfle au contact de l’eau, ce qui fait craquer les fondations.

Pour réparer, il faut soulever la maison et en remplacer les fondations, des travaux qui coûtent généralement plus cher que la maison elle-même.

Sur la rue de M. Parenteau, où presque toutes les maisons ont été touchées, un sentiment d’euphorie s’est rapidement fait sentir.

«J’en tremblais. C’est inexplicable, comment on peut se sentir», a mentionné Sonia Bellemare.

«C’est un peu une délivrance. C’était mon fonds de pension que je voyais partir en fumée», a souligné Suzanne Grimard, une autre voisine.

Deuxième vague 

Maintenant que ce premier chapitre est terminé, les victimes du deuxième mégaprocès espèrent ne pas attendre 10 ans avant de recevoir leurs chèques. Des conférences de gestion sont prévues à l’automne pour procéder le plus rapidement possible.

«Il y a des choses qui ne sont plus à démontrer. Le volet scientifique a été démontré dans le premier procès, la culpabilité de certains intervenants, aussi. Il y a sûrement des choses qui n’auront pas besoin d’être démontrées une deuxième fois», a précisé le vice-président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Michel Lemay.

Éric Baril, qui avait reçu la visite du premier ministre Justin Trudeau dans sa cuisine en 2016 pour lui parler de la pyrrhotite, peut aussi tourner la page.

«Je voudrais souhaiter bon courage aux victimes de la deuxième vague. Je leur souhaite que ça aille plus vite. Je leur souhaite aussi que les montants de dédommagements soient ajustés en fonction de la réalité d’aujourd’hui», a-t-il conclu.

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