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Un pédophile bientôt libéré au Saguenay?

Jean Houle | TVA Nouvelles

Un pédophile du Saguenay condamné à 30 mois de pénitencier il y a six mois à peine pourrait recouvrer sa liberté conditionnelle dès lundi.

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Les victimes et leurs parents vont évidemment s'y opposer, mais leur point de vue a bien failli ne pas être présenté.

Bernard Gaudreault avait été condamné à 30 mois de prison pas plus tard que le 11 février dernier. Les victimes ont été abasourdies d'apprendre que la Commission des libérations conditionnelles était prête à l'entendre, dès cette semaine.

«Six mois après avoir écopé de 30 mois... c'est comme un coup de baguette sur les doigts en lui disant: "bye-bye, bonsoir..."», a lancé, dépité, le père de deux des victimes de l'homme de 57 ans, jeudi.

L'ancien chauffeur d'autobus scolaire et ex-bénévole de l'Association des scouts de Saint-Honoré avait plaidé coupable à une dizaine de chefs d'agressions sexuelles concernant six jeunes filles, âgées de 8 à 13 ans, pour des faits remontant de 1997 à 2018.

Gaudreault est admissible à une libération conditionnelle aussi rapidement parce que les accusations ont été portées par voie sommaire, possiblement en échange du plaidoyer de culpabilité. Si c'est vraiment ce qui s'est produit, la formalité n'aurait pas été expliquée aux familles des victimes. Le procureur de la Couronne au dossier est présentement en vacances.

«Le procureur aurait pu nous expliquer ça», a dit le père à TVA Nouvelles. «On se serait opposés, c'est sûr!»

Les familles ont été avisées de l'audience par les services correctionnels, qui s'étonnaient de l'absence d'opposition à la demande de Bernard Gaudreault. La Commission a accepté de reporter la procédure de quelques jours, le temps que les victimes préparent une déposition écrite.

«On explique pourquoi on ne veut pas le revoir au Saguenay, comment les victimes se sentent devant le processus judiciaire», a expliqué l'homme. «Si quelqu'un ne nous avait pas avisés, il aurait pu être libéré dès hier...»

Le fait que les accusations aient été portées par voie sommaire n'aura aucun impact sur la décision de la Commission des libérations conditionnelles. Les commissaires vont étudier l'ensemble des éléments au dossier, incluant le comportement du détenu entre les murs.