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WE Charity finalement au registre des lobbyistes

Anne Caroline Desplanques

we charity

Capture d'écran, Chambre des communes

WE Charity s’est finalement inscrit au registre fédéral des lobbyistes jeudi, tout juste avant que trois de ses représentants comparaissent devant le Comité permanent des finances.

« Si nous avions pensé que c’était nécessaire avant, nous l’aurions fait. Maintenant c’est le cas », a déclaré la directrice générale de l’organisation, Dalal Al Waheidi au comité.

L’organisme proche des familles du premier ministre Justin Trudeau et du ministre des Finances, Bill Morneau, est dans l’embarras depuis que le fédéral lui a confié puis retiré la gestion de 543 millions $ en bourses canadiennes pour le bénévolat étudiant (BCBE).

Depuis 2015, WE a obtenu de multiples contributions de la part d’Ottawa totalisant plusieurs millions de dollars.

Pourtant, le cofondateur de l’organisme, Marc Kielburger, a indiqué le 28 juillet qu’il n’avait pas senti le besoin d’inscrire son organisation au registre des lobbyistes, car il avait « eu des contacts très limités avec le gouvernement en ce qui a trait à chercher des fonds ».

65 communications

Or, le registre indique que WE a communiqué avec l’État à de multiples reprises, puisque 65 rapports de communications y figurent, pour 2019 et 2020 seulement. 

Dix-neuf institutions fédérales ont été visées par ces communications initiées par 18 représentants de WE.

Aucune de ces communications n’avait été inscrite au registre des lobbyistes avant la journée d’hier. Les conservateurs et les néo-démocrates ont demandé à la commissaire au lobbying de se pencher sur cette affaire.

Dans le noir au Québec

Du côté du Québec, bien que Le Journal ait révélé que l’organisme avait approché le gouvernement Legault en décembre 2019, WE était absent du registre des lobbyistes la semaine dernière. Le registre n’était pas accessible en fin de journée jeudi.

Le Journal a aussi révélé que l’organisation torontoise a fermé son unique local au Québec il y a quelques mois et mis à pied plusieurs employés, dont deux de ses traductrices francophones.

Questionnée à ce sujet jeudi, Mme Al Waheidi a été incapable de dire combien elle avait d’employés au Québec à ce jour.

Malgré tout, Gail Picco, la rédactrice en chef de The Charity Report, une publication spécialisée du secteur caritatif, a soutenu qu’il est raisonnable de dire que WE était la mieux placée pour administrer la BCBE.

Témoignant devant un autre comité parlementaire, celui des Opérations gouvernementales, elle a accusé les partis d’opposition de transformer « les faiblesses d’une organisation caritative en un véhicule de bataille partisane ».

– Avec Émilie Bergeron et Sarah Daoust-Braun