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90 000 conteneurs et 325 000 tonnes de vrac coincés

TVA Nouvelles

Le milieu des affaires s’impatiente en raison des impacts économiques qui touchent plusieurs régions du Québec alors que la grève au port de Montréal en était à sa cinquième journée, vendredi.

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Une quinzaine de navires sont directement touchés par le conflit de travail. Si certains ont été déroutés vers différents ports, d’autres sont coincés dans les terminaux à Montréal ou immobilisés à l’ancre dans le fleuve Saint-Laurent.

Selon les données de l’administration du port de Montréal, 90 000 conteneurs sont coincés en raison de la grève et près de 325 000 tonnes de vrac solide - du sucre, des engrais et du gypse notamment - sont également bloquées.

Selon le Conseil du patronat du Québec (CPQ), 6300 entreprises de la province dépendent des activités du port de Montréal.

«Le contexte de la prolongation du conflit dans le port va certainement avoir des répercussions dans l’économie du Québec», a indiqué à TVA Nouvelles Karl Blackburn, qui est le nouveau président et chef de la direction du CPQ.

«Plus récemment, j’entendais le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, un fervent défenseur de sa région qui a des craintes extrêmement importantes quant à la fermeture d’une usine de sa région, qui risquerait de mettre au chômage 150 personnes simplement en raison du conflit dans le port, a ajouté M. Blackburn. Les répercussions vont se vivre sur les tablettes des magasins, et se vivent dans les entreprises qui ont des liens avec le port.»

Intervention d'Ottawa  

Pour l’Administration portuaire de Montréal, le gouvernement Trudeau doit bouger rapidement afin que le conflit de travail se règle.

«Nous, on pense que le fédéral devrait intervenir pour faciliter les négociations, pour faciliter l’obtention d’une résolution à ce conflit de travail, a dit à l’antenne de LCN la vice-présidence affaires publiques Sophie Roux. Donc, on pense nous qu'il faut vraiment qu’on arrive à un bilan différent vendredi prochain que le bilan qu’on tire aujourd’hui.»

«Plein d’entreprises dépendent du port de Montréal pour acheminer ou recevoir leurs marchandises, a-t-elle poursuivi. Les coûts de transport, parce que les navires vont déposer leurs marchandises dans d’autres ports, explosent.»

L'industrie des ressources souffre  

L’Association minière du Canada (AMC) et l'Association des produits forestiers du Canada (APFC) ont indiqué vendredi que l’industrie des ressources souffre des répercussions de la grève au port de Montréal. La dernière année a été particulièrement éprouvante avec la COVID-19, les blocages ferroviaires de février et la grève prolongée des chemins de fer en novembre 2019.

«Dans le contexte d'une perturbation massive de la chaîne d'approvisionnement et d'une atteinte sans précédent à la réputation du Canada en tant que partenaire commercial international fiable, cette grève et l'absence de mesures efficaces pour la résoudre témoignent d'une incapacité incompréhensible à accorder la priorité à la reprise économique du Canada en cette période de grande nécessité», a dit Pierre Gratton, président et chef de la direction de l'AMC.

«Si le gouvernement compte attirer des investissements dans la fabrication de batteries et de véhicules électriques de pointe pour appuyer la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, une chaîne d'approvisionnement logistique fiable et efficace est essentielle», a-t-il ajouté.

«Le Port de Montréal est une infrastructure essentielle au secteur canadien des produits forestiers. Nous exportons des centaines de produits à l'échelle mondiale et recevons des expéditions de l'étranger chaque jour», a indiqué pour sa part Derek Nighbor, président et chef de la direction de l'APFC.

«Nous estimons que cette perturbation a déjà entraîné près de 1 million $ US en coûts supplémentaires et en ventes perdues pour notre secteur en Ontario et au Québec, et ce, pendant une période où nous sommes confrontés à une forte demande en bois d'œuvre et à un secteur des pâtes et papiers en difficulté en raison de la COVID-19, a poursuivi M. Nighbor. Cette perturbation nuit à notre capacité à répondre aux besoins de nos clients et à donner du travail à nos employés. Le gouvernement fédéral doit absolument déployer toutes les ressources nécessaires pour régler ce différend.»

La convention collective des 1125 débardeurs du port de Montréal est échue depuis le 31 décembre 2018.

Vives tensions 

Les tensions sont toujours vives entre la partie patronale et les syndiqués alors que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé jeudi l’arrestation de neuf individus relativement à un incident survenu le 29 juillet dernier.

Des cadres et des agents de sécurité du port qui retournaient à leur véhicule stationné au Stade olympique auraient été intimidés par des syndiqués.

À cet endroit, des cadres du port de Montréal, accompagnés d’agents de sécurité, tentaient de regagner leur véhicule lorsqu’ils ont été accueillis par une cinquantaine de travailleurs en grève, dont plusieurs débardeurs.

Les cadres et les agents de sécurité auraient ensuite «fait l’objet de menaces et d’intimidation au moment de monter dans leur véhicule personnel, qui était garé dans le stationnement du Stade olympique», a indiqué le SPVM.

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